• 02.02.2012- Des rescapés français devant la justice américaine

    Costa Concordia : Des rescapés français devant la justice américaine

    France soir Publié le 2 mars 2012 à 14h56
    Mis à jour le 2 mars 2012 à 15h01

    Des avocats américains tentent d'associer des plaignants français à une action de groupe contre la compagnie Costa Croisières, en leur promettant des indemnisations records.

    La multinationale qui détient Costa Concordia a fait des bénéfices records l'an dernier FILIPPO MONTEFORTE / AFP
    Ils veulent « faire payer » Costa Concordia. Dans tous les sens du terme. Une cinquantaine de rescapés  français du naufrage du paquebot de croisière, le 13 janvier dernier, auraient décidé de se joindre à la « class action »d'un cabinet d'avocats américain, Ribbeck Law. Une plainte collective qui n'existe pas en droit français, chaque victime devant agir séparément, et qui potentiellement peut être très rémunératrice pour les plaignants... et leurs avocats.
     

    "Une histoire de gros sous"

    En l'occurence, Maître Ribbeck, de passage à Paris ce vendredi, l'a reconnu : son cabinet prendra 25% des gains de chaque plaignant en cas de victoire, mais ne facturera rien aux plaignants en cas d'échec.
    La justice pénale italienne et le parquet de Paris conduisent déjà des enquêtes sur le naufrage du paquebot Costa Concordia qui a fait 25 morts et sept disparus parmi les 4.229 passagers et membres d'équipage à son bord. Mais les avocats américains assurent pouvoir aboutir plus vite et plus efficacement qu'en Europe.
    Le cabinet joue gros : il veut obtenir 500 à 600 millions de dollars de Costa Crociere et sa maison-mère américaine, Carnival.
    Une somme énorme, bien plus énorme que les indemnisations proposées à l'heure actuelle par la compagnie italienne : 11.000 euros par victime, pour couvrir notamment la perte des bagages et le préjudice moral.
    « C'est ignoble et insultant de proposer une somme si faible quand sait que l'an dernier, Carnival a fait des bénéfices de 14,8 milliards de dollars », s'indigne Maître Casanova, avocat à Toulon.
    Lui est le premier à avoir eu l'idée de rejoindre la "class action" américaine. « Bien sûr que tout ça n'est qu'une histoire de gros sous, mais si nous voulons empêcher des entreprises de la sorte de recommencer, la seule manière est de les toucher au portefeuille ! »

    "150.000 euros au lieu de 11.000"

    Aujourd'hui, douze de ses clients ont déjà accepté l'offre américaine, et donc refusé les 11.000 euros d'indemnisation. « Chaque victime devrait toucher a minima 100.000 à 150.000 euros d'indemnisation si l'on gagne. Si la victime a perdu un proche, on pourrait monter jusqu'à 700.000 euros. Alors, certes, on fait confiance à la justice française, mais aux Etats-Unis, le droit de la consommation est mieux respecté, et les dédommagements sont plus importants. Pas question de s'en priver. » Maître Toucas, dont plusieurs clients ont également opté pour l'action américaine, avance un autre argument, celui de la rapidité. « En France ou en Italie, vu le type de catastrophe dont il s'agit, on part pour quinze ans de procédure. Alors qu'aux Etats-Unis, cela peut être réglé en un an et demi. »

    Victimes françaises devant une justice américaine

    Reste toutefois la question de la recevabilité des victimes françaises devant une juridiction américaine. Selon Me Ribbeck, la constitution de l'Etat de Floride prévoit qu'une victime étrangère puisse se retourner devant la cour fédérale dans le cas où elle accuse une société basée dans cet Etat de lui avoir causé un préjudice. Les avocats français sont donc confiants.
    Me Ribbeck a expliqué à la presse qu'il entend démontrer la responsabilité de la société dans le naufrage, notamment sur la procédure dite de « l'inchino », la « révérence », qui consiste à approcher les bateaux des côtes pour saluer les gens, et aurait été à ses yeux monnaie courante chez Costa Croisières selon certains témoignages d'employés.


    Il met aussi en cause les procédures d'évacuation du navire, qui ont pris plusieurs heures alors que la durée légale est selon lui très inférieure. L'une des rescapés, Geneviève Bourgeois, confirme : « On a trop attendu avant de pouvoir embarquer dans les chaloupes de secours. Quand on l'a fait, il était trop tard pour que tout le monde ait une place : le paquebot avait basculé et certaines chaloupes étaient inaccessibles. Si le commandant avait donné l'ordre d'évacuer dès le début, il y aurait moins de morts aujourd'hui. »

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