• 15.01.2012 Arrivée à Marseille - soulagement et colère

    Publié le dimanche 15 janvier 2012 à 12h59 Nice Matin

    A Marseille, des rescapés du Costa Concordia entre soulagement et colère

     

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    Des naufragés français du paquebot Costa Concordia à leur arrivée à Marseille, le 14 janvier 2012

    Protégés par des couvertures de survie, l'air épuisé, des naufragés français du paquebot Costa Concordia, échoué vendredi soir près d'une île de Toscane, sont arrivés samedi soir à Marseille, soulagés mais accusant la compagnie italienne de désorganisation dans les secours.

    Au moins trois personnes - deux touristes français et un membre d'équipage péruvien - sont mortes dans l'accident du navire, qui a heurté un rocher près de l'île du Giglio. Une quarantaine de personnes manquaient toujours à l'appel samedi soir. Le commandant a été incarcéré, notamment pour abandon du navire.

    Acheminés par bus, les premiers naufragés sont arrivés à Marseille peu avant 20H00 sur le terminal de croisière du port.

    "Nous étions dans la salle de spectacle, il y a eu un très gros bruit et la salle a penché d'un coup", a raconté à la presse Elizabeth, une femme d'une cinquantaine d'années originaire de l'Indre.

    La rescapée dénonce "une mauvaise organisation pour débarquer les chaloupes, beaucoup de bousculade, et après, sur terre, rien du tout" en terme d'accueil.

    Elle explique s'être réfugiée "dans un bistrot", "c'était très long", ajoutant avoir eu des nouvelles par des amis français qui, en l'appelant sur son portable, lui ont appris sur quelle côte le bateau s'était échoué.

    "On a tout perdu, on est fatigués mais contents d'être vivants", a encore dit cette croisiériste, toujours vêtue de sa tenue de soirée.

    Joël Pavageau, retraité parisien de 74 ans, dînait avec sa femme. "On nous a dit de rester assis, alors que le bateau s'enfonçait. Ils auraient dû donner l'ordre d'évacuer plus vite. Ils ont attendu 45 minutes, cela paraît très long quand vous êtes dans le noir".

    "Le capitaine disait en cinq, six langues +ne paniquez pas+", ajoute-t-il. "J'ai eu l'impression de vivre mon dernier moment".

    "On n'a jamais vu un officier de Costa", assure Stéphane, un Bayonnais. "On n'a même pas pu aller chercher les gilets de sauvetage", ajoute sa compagne Virginie.

    Quelque 250 passagers, rapatriés dans six bus, étaient attendus à Marseille, où un dispositif sanitaire, psychologique et administratif a été mis en place.

    Une cinquantaine de membres des marins-pompiers, du Samu, de la Croix-Rouge notamment étaient mobilisés. La police aux frontières était présente pour faciliter les démarches de renouvellement des titres d'identité perdus.

    Les croisiéristes devaient être "logés dans deux hôtels avant d'être réacheminés chez eux par Costa", a précisé le préfet délégué à la sécurité Alain Gardère.

    Le reste des 462 passagers français, dont le retour sur Marseille était initialement prévu dimanche, seront rapatriés par avion, selon Costa, compagnie génoise numéro un de la croisière en Europe.

    "C'est un accident rarissime" et le premier de cette gravité "depuis la création du groupe il y a 63 ans", a dit le directeur général adjoint France, Patrick Pourbaix, dépêché à Marseille.

    "Dans un premier temps, il a fallu évaluer l'ampleur de la gravité de la situation", a-t-il dit pour expliquer l'ordre d'évacuation tardif. "Ensuite, comme le bateau était penché, il était très difficile de sortir les canots de sauvetage, donc cela a été laborieux, ce qui peut expliquer la confusion".

    Selon lui, les passagers avaient suivi un exercice de sécurité au début du voyage. Mais, selon Joëlle, une habituée des croisières, "beaucoup ne l'avaient pas fait et cela n'avait pas été vérifié".

    "C'est une tragédie pour Costa Croisières", avait déclaré plus tôt à l'AFP Georges Azouze, président de Costa Croisières France.

    Mis en service en 2006, le Costa Concordia transportait 4.229 personnes dont une majorité de touristes italiens, français et allemands.

    Selon la préfecture des Alpes-Maritimes, des Russes, Espagnols, Anglais et Chinois ont été rapatriés samedi via l'aéroport de Nice.

    « Le commandant à terre , pendant que les gens sautaient à l'eau19.01.12 - Début de l'opération »

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