• 18.01.2012 - Le drame du SEA Diamond comme le Concordia

     

    Cinq ans avant le Concordia, le drame du Sea Diamond

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    Par Thomas Vampouille Mis à jour <time class="updated" datetime="18-01-2012T18:05:00+02:00;">le 18/01/2012 à 18:05</time> | publié <time datetime="18-01-2012T16:08:00+02:00;" pubdate="">le 18/01/2012 à 16:08</time> Réactions (11)
    En entrant dans la caldeira de Santorin, la coque du navire a 
heurté un récif.
    En entrant dans la caldeira de Santorin, la coque du navire a heurté un récif. Crédits photo : STR/AFP
    • En 2007, ce paquebot de croisière s'est empalé sur un récif près d'une île grecque. Deux Français ont disparu dans le naufrage. Cinq ans plus tard, le dossier n'est toujours pas clos.

    Un navire de croisière échoué dans un cadre idyllique de Méditerranée… Les images du Concordia qui tournent en boucle sur toutes les chaînes d'information ramènent Hervé Douet cinq ans en arrière. Le 5 avril 2007, il passe ses vacances en mer Egée sur le Sea Diamond. Long de 143 mètres, le paquebot compte à son bord 1156 touristes (dont 100 Français) et 391 membres d'équipage. Ce jour-là, en entrant dans la caldeira de Santorin, une île grecque fameuse pour ses impressionnantes falaises plongeant dans l'eau bleue, la coque du navire heurte un récif. Les scènes qui suivent sont les mêmes qu'à bord du Concordia, à la différence qu'elles se déroulent le jour: alors que le navire prend l'eau, les passagers sont évacués à la hâte à bord de canots de sauvetage.

    «On a connu les mêmes problèmes que les passagers du Concordia, par exemple ces chaloupes tellement bien fixées au bateau par des couches de peinture qu'on n'arrive pas à les mettre à l'eau», s'étonne aujourd'hui Hervé Douet. Surtout, il ne comprend pas que des capitaines puissent encore «jouer les kékés en passant au ras des côtes pour impressionner les passagers». Entre-temps, lui a dirigé l'association des rescapés français du Sea Diamond, qui ont obtenu des réparations financières de la part du tour opérateur, Marmara, ainsi que 1000 euros de dédommagement chacun, de la part de l'armateur Louis Cruises, pour leurs effets perdus.

    Les habitants de Santorin dénoncent la menace écologique

     

    Le Sea Diamond a coulé le 
lendemain de l'accident.
    Le Sea Diamond a coulé le lendemain de l'accident. Crédits photo : © Reuters TV / Reuters/Reuters

     

    Pour Anne Allain, qui se trouvait à bord du navire avec sa famille, les conséquences sont beaucoup plus lourdes: son mari et sa fille de 16 ans ont disparu dans le naufrage du Sea Diamond, qui a sombré le lendemain de l'accident par 120 mètres de fond après une tentaive de remorquage (voir la vidéo). Cinq ans plus tard, la veuve et son fils n'ont toujours pas reçu de réponses à leurs questions. «Pourquoi le capitaine a-t-il dévié de la route prévue? Pourquoi les portes censées empêcher l'eau d'inonder le navire étaient-elles ouvertes? Pourquoi surtout s'est-on dépêché de bouger le bateau, avant même d'être sûr que tous les passagers étaient sains et saufs?» résume Spyros Vlassis, l'avocat grec de la famille qui intente un procès criminel au capitaine et à Louis Cruises. Comme pour le Concordia, l'armateur se défausse de toute responsabilité et renvoie à une erreur du marin. Suite à l'accident, celui-ci s'est vu interdire de commander un nouveau bateau.

    À Santorin, les habitants se posent également des questions sur l'épave qui gît désormais au fond de leur caldeira. Après de premières fuites de carburant, l'armateur a été condamné à 1,7 million d'euros d'amende et a été obligé de pomper les 400 tonnes de carburant que renfermaient les cuves du Sea Diamond. Mais pour l'Institut de recherches marine et environnementale en mer Égée, ça ne suffit pas. D'abord, parce que tout le fioul n'a pas pu être pompé: il en resterait plus de 100 m3. Surtout, d'autres substances contenues dans l'équipement du navire, notamment des liquides réfrigérants à base de chlorofluorocarbones, sont potentiellement très toxiques. Régulièrement, les insulaires manifestent pour qu'une solution soit trouvée face à cette menace écologique. En mai dernier, le gouvernement a signifié son refus de renflouer l'épave, jugeant l'opération trop coûteuse (150 millions d'euros). Quant à l'armateur, il assure exercer une surveillance constante du site et considère que tout danger est écarté.

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