• 19.01.2012 - Gisèle 87 ans et son mari 80 ans vont porter plainte

    Costa Concordia : le calvaire de Claude et Gisèle, 80 et 87 ans

    Créé le 18-01-2012 à 17h42 - Mis à jour le 19-01-2012 à 13h34  

    Un couple d'octogénaires de Boulogne-Billancourt, rescapé du naufrage, s'apprête à porter plainte contre Costa Croisières.

    Ils sont rentrés chez eux à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) dimanche à 17h30. Et ont rarement ressenti un tel "soulagement." Comme les passagers varois Tatiana et Patrice Vecchi, avec lesquels ils dînaient lors du naufrage, vendredi 13 janvier, Claude Medioni, âgé de 80 ans, et sa femme Gisèle, 87 ans, s'apprêtent à porter plainte contre Costa Croisières.

    "Cinq premiers jours magnifiques"

    Le couple a l'habitude des croisières. C'était leur seizième. "Elle n'était vraiment pas chère, on s'est dit 'on va en profiter'". Ils emmènent leur fille Patricia, 43 ans, qui avait alors quelques jours de congés. "Les cinq premiers jours ont été magnifiques", raconte Claude Medioni au "Nouvel Observateur". "Comme dans toutes les croisières, le personnel était aux petits soins." Une seule chose a surpris l'ancien cadre commercial : "l'absence d'exercice de sécurité." "Chaque premier jour de croisière, on nous rassemble à un moment ou à un autre dans le théâtre pour nous montrer où nous diriger en cas de sirène. Ça n'a pas été le cas." Le couple ne s'en est pas inquiété plus que cela.

    Quand la lumière s'éteint vendredi pendant le dîner, "vers 21h45", Claude et Gisèle ne s'angoissent pas davantage. "On en était aux hors-d'œuvres. La moitié de la salle, prise de panique, l'a aussitôt désertée." Eux restent à table. Ils étaient déjà en croisière lors du tremblement de terre en Turquie en 2010 : "Le bateau s'était penché à 45°. 1.500 verres et assiettes s'étaient cassés en trois minutes, mais ça n'avait pas duré, et le bateau s'était vite redressé. On s'est dit que c'était la même chose."

    "Des bousculades surréalistes, des gens qui deviennent des monstres"

    Claude Medioni, âgé de 80 ans, et sa femme Gisèle, 87 ans, s'apprêtent à porter plainte contre Costa Croisières. (CHINE NOUVELLE/SIPA )

    • Quand la lumière s'éteint vendredi pendant le dîner, "vers 21h45", Claude et Gisèle ne s'angoissent pas davantage. "On en était aux hors-d'œuvres. La moitié de la salle, prise de panique, l'a aussitôt désertée." Eux restent à table. Ils étaient déjà en croisière lors du tremblement de terre en Turquie en 2010 : "Le bateau s'était penché à 45°. 1.500 verres et assiettes s'étaient cassés en trois minutes, mais ça n'avait pas duré, et le bateau s'était vite redressé. On s'est dit que c'était la même chose."

      "Des bousculades surréalistes, des gens qui deviennent des monstres"

      "Quinze minutes plus tard", pourtant, la sirène retentit. Le trio suit alors le mouvement. Et les difficultés ne font que commencer. "Dans toutes les croisières Costa, les annonces sont habituellement faites en cinq langues, mais cette fois, celle qui a suivi le signal n'était qu'en italien, on n'a rien compris."

      Ils se mettent "à suivre un groupe de personnes sans savoir où il allait." Entre-temps, la panique a gagné un grand nombre de passagers. Claude décrit "l'inimaginable" : "des bousculades surréalistes, des gens qui deviennent des monstres." Sa femme Gisèle est handicapée (elle porte des prothèses aux hanches), il tente de la protéger, ainsi que sa fille, dans l'escalier qui les mène au quatrième étage, où se trouvent les canots de sauvetage.

      Claude est particulièrement choqué par le peu d'attention accordé par les autres passagers aux personnes âgées. Il n'oublie pas "ce jeune homme qui, en courant, a marché sur un 'homme de son âge' allongé par terre".

      Il n'oublie pas non plus ce canot sur lesquels le couple s'apprêtait à monter avant d'être "violemment bousculés par un couple d'une vingtaine d'années qui (leur) a pris les dernières places." Après trois canots pleins, Claude et Gisèle tentent de monter dans le quatrième. Mais Gisèle n'arrive pas à sauter dans le canot, "le pas à faire était trop grand." Elle chute, ses prothèses auditives tombent à l'eau et elle se blesse. Le canot est déjà plein, et Claude doit insister pour que sa fille puisse les rejoindre. Gisèle n'en revient toujours pas : "J'ai eu très mal, mais grâce à Dieu on a réussi à monter."

       

      Une fois sur l'île de Giglio, le trio se sent à nouveau "abandonné"

      Sur le canot, ils sont environ 150. "Un petit gars du service tentait tant bien que mal d'organiser la traversée", rapporte Claude, avant l'arrivée d'un homme "qui a dû plonger pour décrocher le canot avant de remonter à bord" et a pris le relais pour diriger l'embarcation. Les passagers étaient "plutôt calmes", poursuit Claude, "l'un d'eux s'occupait de mon épouse pendant que je m'occupais de ma fille."

      Une fois sur l'île de Giglio, le trio se sent à nouveau "abandonné". Il ne sait que faire ni où aller. "J'ai entendu dire qu'il y avait des couvertures à l'église, j'y suis allé, il n'y en avait plus." Tous trois restent dans l'église jusqu'à 5h30-6h, quand "quelqu'un est venu chercher les Français qui voulaient prendre le ferry."

      Le premier ferry est plein. Ils prennent le second. "Pour la première fois, consigne est donnée de laisser la priorité aux femmes, enfants et personnes âgées". Sans le savoir, ils se retrouvent à Grosseto. Gisèle est conduite à l'hôpital pour une radio. Ils sont ensuite pris en charge par des militaires "comme des chefs d'Etat : ils avaient préparé des vestes 'polaires', des chaussures pour ceux qui n'en avaient pas, des joggings." Après un petit-déjeuner, un bus les conduit à l'aéroport de Rome. Ils ne décolleront que le lendemain à 14h30.

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