• Publié le 16/01/2012 12:22 - Modifié le 16/01/2012 à 17:53 | la dépêche.fr

    Naufrage du Costa Concordia : le commandant a voulu faire plaisir à un serveur

    Le 
Costa Concordia, échoué près de l'île toscane du Giglio, le 14 janvier 
2012
    Le Costa Concordia, échoué près de l'île toscane du Giglio, le 14 
janvier 2012
    Le Costa Concordia, échoué près de l'île toscane du Giglio, le 14 janvier 2012 - AFP/Italian Guardia de Finanza
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    Trois jours après le naufrage du Costa Concordia, le mystère se lève sur les circonstances de la catastrophe qui a coûté la vie à au moins 6 personnes. Selon le journal italien Corriere della Sera, le commandant aurait voulu faire plaisir à un serveur, originaire de l'île du Giglio, où s'est échoué le paquebot.

    Selon le témoignage d'Antonio Tievoli, le chef des serveurs sur le navire, le commandant Francesco Schettino aurait voulu lui faire plaisir en rasant les côtes de l'île dont il est originaire. Le capitaine l'aurait fait appeler sur le pont et lui aurait lancé : "Antonello, viens voir, nous sommes tout près de ton Giglio".

    D'après le journal italien, Antonio Tievoli aurait dû quitter le bateau pour un congé d'une semaine mais, faute de remplaçant, est resté à bord. Le commandant aurait donc voulu lui faire une faveur. Le chef des serveurs serait monté sur le pont, se serait penché sur le bastingage et voyant l'île se rapprochant dangereusement aurait averti le commandant. "Attention, nous sommes extrêmement près de la côte". Mais l'impact serait intervenu immédiatement après.

    Antonio Tievoli a livré son témoignage aux garde-côtes et devrait le répéter aux carabiniers, dans le cadre de l'enquête qui cherche à établir les causes du sinistre.

    Le bilan provisoire de la catastrophe fait état de 6 morts, 60 blessés et 14 disparus.

    Une erreur humaine "impondérable"

    Pier Luigi Foschi, le patron de Costa Crociere, société propriétaire du paquebot, a déploré une erreur humaine "impondérable" de la part du commandant dont il s'est officiellement dissocié, ce lundi. Visiblement ému, retenant ses larmes avec peine, il a rendu un hommage appuyé aux membres de l'équipage "qui se sont tous comportés en héros".


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  • Publié le 16/01/2012 07:50 | Richard Hecht et Charlotte Pelletier

    Une famille de Moustier rescapée

    Une famille de Moustier rescapée
    Une famille de Moustier rescapée
     
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    L'inquiétude qui étreignait la famille Crouzet, une famille bien connue à Moustier dans le Marmandais, est tombée en quelques secondes: les leurs ne figurent pas parmi les victimes du naufrage du navire de croisière, le «Costa Concordia» au large de l'île italienne du Giglio dans la mer Tyrrhénienne, en Toscane. La famille lot-et-garonnaise est sortie indemne de «la croisière de la mort».

    Le navire qui transportait quelque 4229 personnes dont plus de 3200 touristes a fait naufrage vendredi soir vers 21h30. En Lot-et-Garonne, chez les Crouzet l'attente fut terrible. Les leurs figuraient-ils parmi les disparus? Dans la nuit de vendredi à samedi, à 3 heures du matin, ce fut la délivrance au domicile d'Annie et de Pierre Crouzet, les parents de Patrick, agriculteur dans la commune et troisième adjoint au conseil municipal de Moustier.

    Le couple était parti en famille pour faire une belle croisière : 8 jours à la découverte du bassin méditerranéen. Il y avait Patrick Crouzet-qui devait fêter son anniversaire pendant le voyage- Nathalie son épouse et leurs enfants Thomas et Damien. Ils ont quitté Moustier en voiture pour rallier Marseille.

    La famille a nagé jusqu' à la terre ferme

    Au téléphone, leur fils a brièvement raconté à ses parents la nuit d'horreur que la famille était en train de vivre. Ils s'étaient retrouvés à l'eau, avaient nagé avant de rejoindre la terre, puis ils avaient marché longtemps avant de trouver une maison où des gens les avaient accueillis, où ils avaient pu sécher leurs vêtements et appeler la France.

    Ils ont rejoint Marseille où ils avaient laissé leur voiture. C'est la police qui a dû leur ouvrir la porte du véhicule, car ils n'ont plus rien, ni affaires, ni bagages, ni téléphone portable, ni papiers, ni clés de voiture. Ils ont quitté Marseille dimanche. Ils devraient être à Moustier dans la nuit.


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  • Sa nuit d'angoisse sur le paquebot

    naufrage du concordia, la passagère de simorre témoigne

    Les 
rescapés gersois du Costa Concordia, de gauche à droite, Philippe 
Siria-Rocca, Sabine Gastambide (tous deux de Simorre), Cédric et 
Nathalie Pastre, de Pellefigue./Photo DDM, Marc Gianetti.
    Les rescapés gersois du Costa Concordia, de gauche à droite, 
Philippe Siria-Rocca, Sabine Gastambide (tous deux de Simorre), Cédric 
et Nathalie Pastre, de Pellefigue./Photo DDM, Marc Gianetti.
    Les rescapés gersois du Costa Concordia, de gauche à droite, Philippe Siria-Rocca, Sabine Gastambide (tous deux de Simorre), Cédric et Nathalie Pastre, de Pellefigue./Photo DDM, Marc Gianetti.
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    Sabine, une Simorraine, était sur le Concordia qui, en fin de croisière, s'est échoué près des côtes italiennes de Giglio. Elle raconte sa nuit d'angoisse, de peur et d'horreur… abandonnée par l'équipage du paquebot.

    Elle parle, s'emballe parfois, laisse échapper sa colère à d'autres moments…

    la voix est cassée par l'émotion, par instants les sanglots la rendent inaudible : Sabine Gastambide s'exprime sans retenue, pour évacuer le stress, dit-elle.

    Elle n'oubliera jamais sa terrible nuit sur le Costa Concordia. Cette Simorraine, avec trois autres Gersois et deux amis de la Creuse, auraient dû terminer leur croisière hier soir. Tout s'est arrêté dans la peur, la violence et la tragédie, vendredi, vers 21 h 30.

    « Nous avions mangé au premier service et nous étions dans un bar du côté du théâtre. Il y a eu un bruit sourd. Tous les verres, les tables et les chaises sont tombés. On a paniqué. » Sabine, qui à l'habitude des croisières, a aussitôt compris qu'il ne s'agissait pas de houle. « On est vite monté au dernier étage.

    On était incrédule. La côte était toute proche, pas plus de 300 m. S'il n'y avait pas eu le rocher, je crois qu'on aurait percuté le petit port de l'île de Giglio. » Aussitôt, Sabine a revu les images du Titanic.

    Le groupe d'amis a décidé de ne pas se séparer. Ils passent chercher Nathalie, enceinte, qui dort dans sa cabine. « On était dans le noir, on a pris les escaliers, les ascenseurs étaient bloqués avec des gens à l'intérieur. » Le groupe n'a pas oublié de prendre ses gilets de sauvetage. « Notre référent sur le bateau a parlé d'une petite avarie, et puis le capitaine l'a appelé et il est parti, comme tous les gradés. »

    Le groupe des six Français remonte sur le pont, s'approche d'une chaloupe. Il n'y a plus de marin, seulement les serveurs et les cuisiniers des restaurants. Ce sont eux qui vont s'occuper des embarcations de sauvetage. Une heure trente après le choc, la descente commence. « C'était l'horreur. On a cru mourir à plusieurs reprises. La chaloupe se coinçait contre le paquebot. On poussait avec des rames.

    On est monté, redescendu. C'était interminable. » Finalement, au bout d'une heure d'efforts, l'embarcation, dont le moteur a eu des difficultés pour démarrer, se dirige vers le port de Giglio avec 150 personnes à bord. A terre, l'accueil n'est pas ce que pourraient espérer des naufragés.

    « Aucune porte ne s'ouvre, les habitants nous ignorent. Un bar a levé son rideau. Il nous vendait le café 3 €, ceux qui ne pouvaient pas payer devaient reposer la tasse. Des Français qui étaient sur un voilier, dans le port, ont été les premiers à nous porter secours. On a tout de même eu droit à une couverture en fin de nuit. »

    Ces images d'horreur tournent en boucle dans sa tête. « Même en le racontant, on ne peut pas s'imaginer ce que c'était… » Sabine ne peut s'empêcher d'égrainer des chiffres, vendredi 13, les 100 ans du Titanic. Mais aussi cette indignation de n'avoir jamais vu le moindre marin ou officier leur venir en aide. Aussi, lorsque, à Nice et Marseille, elle est prise en charge, elle a presque eu peur de voir autant de sauveteurs.


    L'autre couple

    Nathalie et Cédric Pastre, qui vivent à Pellefigue, étaient avec Sabine et son compagnon sur le Concordia, ils y avaient fait la connaissance de Fabien et Aurélie, originaires de la Creuse. Pour Nathalie, qui attend un enfant dans quelques semaines, l'angoisse a été multipliée et se poursuit toujours. Les six Français vouent une éternelle reconnaissance à ces serveurs et cuisiniers, qui leur ont permis de quitter le bateau, eux, les exploités dans leur travail.


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  • Publié le 16/01/2012 13:41 - Modifié le 16/01/2012 à 18:23 | © 2012 AFP La dépêche.fr

    Panique, peur et Titanic... : les témoignages de rescapés du Concordia

    Image tirée de Sky TV Italy montrant des passagers en attente 
d'être évacués du Costa Concordia le 13 janvier 2012C'est pendant le dîner que John Rodford a compris que quelque chose n'allait pas. Sept heures plus tôt à peine, il avait embarqué sur le Costa Concordia avec son épouse, Mandy, une croisière pour fêter leur quatrième anniversaire de mariage.

    Soudain, il a entendu "un craquement". Puis c'est son verre qui s'est mis à glisser le long de la table. Le couple, originaire du sud de l'Angleterre a demandé à un membre de l'équipage s'il y avait un problème. Réponse: "Non, c'est le moteur".

    "Puis les lumières se sont éteintes, et rallumées. Et puis (le bateau) a commencer à pencher de l'autre côté, très loin de l'autre côté. Toutes les assiettes volaient et s'écrasaient. C'était le bazar. Tout le monde attrapait les gilets de sauvetage. Mais ils (l'équipage) ont dit: tout va bien, c'est sous contrôle", raconte le rescapé, 46 ans, à son retour à l'aéroport londonien de Heathrow.

    L'évacuation se fait dans le chaos, explique le couple, qui a d'abord pris place dans un canot de sauvetage du côté du navire le plus haut sur l'eau. Mais à cause de la gîte, impossible de mettre le canot à l'eau. "Les canots cognaient le flanc du bateau" au lieu de pendre au-dessus de l'eau, explique Mandy, 45 ans. "Je n'y croyais pas. J'étais assise dans le canot, mais le canot n'allait nulle part.

    Les passagers s'aident les uns les autres et finalement, le couple réussit à gagner l'autre côté du navire, en glissant sur les ponts "comme sur un toboggan". "Je me disais c'est la fin. Ma vie va s'arrêter ici. (...) Je vais devoir sauter dans cette eau et je déteste l'eau," se souvient Mandy, qui n'ira "plus jamais, jamais, jamais," en croisière.

    De nombreux autres témoignages mettent en cause les procédures d'urgence et l'attitude de l'équipage.

    Un passager bosnien, Sead Alibegovic, qui se trouvait à bord du Costa Concordia avec son épouse Nasima et est hospitalisé en Allemagne souffrant de "multiples blessures", a déclaré au quotidien bosnien Dnevni Avaz avoir "regardé la mort dans les yeux", en se remémorant la "panique totale" à bord du navire.

    "Tout le monde courait dans une ambiance d'hystérie collective, et chacun ne pensait qu'à sauver sa propre peau. L'équipage avait évidemment oublié que son devoir était de rétablir l'ordre et d'attendre que les passagers descendent d'abord. Les membres d'équipage se bousculaient pour fuir avant nous. Dans cette panique, certains tombaient, d'autres leur marchaient dessus. D'autres, désespérés, se jetaient à la mer", a raconté son épouse Nasima Alibegovic.

    Danijel Miklauzic, un passager croate en voyage de noces avec son épouse Marinela assure lui aussi "que des membres d'équipage ont fui les premiers le bateau".

    "Personne n'a encadré les opérations de secours et la moitié des passagers ne connaissait pas les procédures", dénonce en écho Artur Silva, 63 ans, l'un des onze passagers portugais à bord du Concordia.

    "Je pensais que nous allions mourir. J'ai déjà travaillé dans plusieurs navires et j'ai tout de suite compris que nous allions couler. Il n'y avait plus de lumière et tout se cassait. Il y avait des trous à travers lesquels les gens tombaient, d'autres se jetaient à l'eau. Une horreur," raconte-t-il au Correio da Manha.

    James Thomas, un membre d'équipage britannique de 19 ans, reconnaît que l'évacuation s'est faite dans le "chaos", mais pointe les circonstances particulièrement difficiles. "C'était le chaos parce que nous devions traverser en passant par le centre du bateau, qui avait littéralement été rayé de la carte par la gîte. Tout était partout."

    Ivonne Adriaensens et Roger Pols, 63 ans tous deux, qui venaient d'embarquer sur le Concordia, assistaient à un spectacle de magie. "Vers 22H00, les quelques lumières qui étaient allumées dans la salle se sont subitement éteintes. Nous n'avons rien ressenti, mais en voyant les rideaux proches du podium, nous avons remarqué que le bateau n'était plus droit. On nous a dit de rester calme. Puis nous avons vu le magicien disparaître du podium. Nous avons d'abord pensé que cela faisait partie du spectacle!", raconte le couple, originaire d'Anvers (Belgique) au quotidien flamand Het Laatste Nieuws.

    Phoebe Jones, originaire du Surrey (Grande-Bretagne) et danseuse dans le spectacle de magie, était précisément sur scène et s'apprêtait à disparaître dans une boîte quand le Concordia s'est échoué.

    "Le bateau s'est mis à pencher, à pencher vraiment énormément. Soudain les lumières se sont éteintes et tout ce qui était sur scène a volé d'un côté." Les alarmes ne se sont pas déclenchées, mais le jeune femme est allé à son point de rendez-vous d'urgence. "J'avais peur, mais je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait", avant d'être recueillie sur un ferry, poursuit-elle. Et là, "nous avons juste regardé le Concordia couler".

    Une autre jeune danseuse britannique employée sur le navire, Rose Metcalf, avait écrit un billet à sa mère, au cas où elle ne survivrait pas. Elle a été une des dernières personnes hélitreuillée du pont numéro 5. "Nous avions déjà prévu où nager vers le rivage. Dieu merci, nous étions près du rivage," dit la jeune femme.

    Seamus et Carol Moore, une couple de quinquagénaires irlandais, se souviendra longtemps de leur première croisière, effectuée sur le Concordia pour l'anniversaire de Madame... "Nous étions assis sur le rebord du bateau et je lui ai dit +maintenant on sait ce que ressentaient Leonardo DiCaprio et Kate Winslett" dans le film Titanic, a raconté Seamus à l'Irish Times à leur retour à Dublin. Et elle a répondu +au moins, Kate a survécu+. Je crois que c'est ce qui l'a fait tenir".

     


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  • Des secouristes évacuent un passager du Costa Concordia, le 14 janvier 2011 à Porto Santo Stefano Filippo Monteforte AFP

    un serveur colombien "Nous avons sauvé entre 500 et 600 personnes", a raconté dimanche à l'AFP Edgard Lopez Sanchez, un serveur qui, avec neuf autres membres d'équipage colombiens, a secouru les passagers du bateau de croisière Costa Concordia lors de son naufrage. "Nous avons sauvé entre 500 et 600 personnes, j'ai fait une dizaine de voyages avec le canot (de sauvetage, ndlr), il faisait froid, il y avait du vent", a indiqué ce Colombien de 48 ans, par téléphone dans un hôtel de Grosseto, ville proche de l'île du Giglio où a eu lieu la catastrophe vendredi soir.

    M. Lopez, originaire de Bogota, qui travaille depuis 17 ans pour l'armateur italien Costa Crociere (groupe américain Carnival) propriétaire du paquebot de luxe, a souligné que le personnel "est entraîné par la compagnie à faire ce genre de choses".

    "C'est mon deuxième naufrage après celui que j'ai vécu en 2006 à Punta del Este (station balnéaire de luxe de l'Uruguay) lors d'un incendie mais celui-ci a été le plus terrible", a-t-il confié.

    "Les héros c'est nous: les Colombiens, les Honduriens, les Chinois, l'équipage qui est composé de gens de 20 nationalités", a estimé M. Lopez, qui a admis que "les ordres d'évacuation sont arrivés tard".

    Puis, "les sauveteurs, la police, les pompiers ont mis au moins 45 minutes pour arriver", selon M. Lopez.

    Le serveur a perdu tout ce qu'il possédait: papiers d'identité, argent, ordinateur, téléphone portable, vêtements. Il a en tête tous les détails de la tragédie du Costa Concordia.

    "Vers 21H45 (20H45 GMT), j'ai entendu un énorme bruit. Je n'ai pas eu peur. Nous, nous ne souffrons pas de panique, nous sommes des combattants. Nous avons essayé de calmer les gens tout en sachant que c'était bizarre, très étrange", a indiqué le serveur.

    "Le capitaine ne parlait pas, c'est le maitre de cérémonie qui nous a ordonné de tranquilliser les gens", a-t-il poursuivi. "Nous parlons entre nous par code et il nous a dit +india victor azuzena+, ce qui veut dire +incendie et blessés+ parce qu'avec le choc, beaucoup de gens se sont blessés et coupés, à cause de la chute de plats et verres", a souligné le serveur.

    Selon lui, "le deuxième choc a été encore pire, le navire a commencé à s'incliner de près de 50 degrés, les gens couraient dans tous les sens comme des poulets qu'on lâche dans la nature".

    Edgard Lopez a cherché à regagner sa cabine récupérer des affaires. "Mais ce n'était pas possible parce que l'eau montait, nous avons alors commencé à emmener les passagers vers les escaliers de secours et les points de rassemblement", a-t-il souligné.

    Selon lui, "l'équipage asiatique, pratiquement la moitié, parlait assez mal l'anglais et communiquait par signes" avec les passagers et le reste de l'équipage.

    Edgard, un vétéran qui parle cinq langues et a voyagé dans le monde entier, a essayé en vain de monter sur une chaloupe du côté le plus dangereux où l'inclinaison était la plus forte. "Impuissant, j'ai pensé me jeter à l'eau, c'était comme sauter du 11ème étage d'un immeuble" sans savoir ce qu'il y avait en-dessous, a-t-il dit, "heureusement un ami hondurien m'en a empêché".

    De nombreux occupants du bateau se sont cassé des bras et des jambes en se lançant du navire car il y avait relativement peu de fond et beaucoup de rochers.

    Finalement, il a été jusqu'au bar à un pont inférieur et s'est laissé "glisser vers la mer par l'autre flanc du bateau" où il y avait une chaloupe.

    "Grâce à Dieu ensuite j'ai pu commencer à aider les gens et j'ai fait quelque chose comme dix voyages", raconte encore Edgard qui n'arrive pas à se sortir de la tête une conversation avec une passagère italienne avant le naufrage. "C'est comme si elle avait fait une prédiction, elle me parlait tout le temps du Titanic, en rappelant qu'il avait coulé il y a exactement 100 ans en 1912", a-t-il ajouté.


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