• Costa Concordia : l'impact du naufrage sur l'environnement "évité"

    chasseurs20 mars 2012 - Alors que Greenpeace a dénoncé une pollution mineure autour du paquebot, les autorités italiennes démentent tout impact sur les eaux. Costa annoncera d'ici début avril l'entreprise chargée du retrait de l'épave qui devrait durer près d'un an.

     

    Deux mois après le naufrage du mastodonte le 13 janvier près de l'île italienne du Giglio, Franco Gabrielli, chef de la protection civile en charge de la catastrophe, accompagné du ministre de l'environnement Corrado Clini, a réaffirmé le 13 mars que "la menace" d'impact du Costa Concordia "sur l'environnement a été évitée", selon le quotidien en ligne italien L'Espresso.

    Un désastre écologique ''évité''…

    La menace de "désastre écologique" formulée par le ministre était pourtant grande avant le début des opérations de pompage des soutes de l'épave, le 12 février, opérées par la société néerlandaise Smit Salvage. Aujourd'hui, "85 % du carburant, sur près de 2.000 tonnes estimées dans les 17 réservoirs, ont été retirés sans dommage", a précisé Franco Gabrielli à L'Espresso.

    De son côté, Norbert ­Stiekema le vice-président de Costa Crociere, propriétaire du paquebot, est moins ambitieux et a indiqué un taux de "70% de fuel récupérés" au quotidien Le Figaro le 16 mars. Si les opérations de pompage encore en cours pourraient se terminer d'ici fin mars, Greenpeace a toutefois relevé des traces de produits chimiques et d'hydrocarbures dans l'eau potable provenant d'une installation de dessalement de l'île.

    …malgré une pollution mineure pointée par Greenpeace

    "Bien que la situation ne semble pas alarmante pour l'instant, il est probable que la contamination de l'épave soit déjà en place'', ont indiqué les chercheurs de Greenpeace Italie, après avoir effectué du 15 au 18 février des analyses près du paquebot. Ces derniers ont relevé des quantités d'azote ammoniacal variant de 2,04 milligrammes (mg) à 2,12 mg par litre (l) d'eau de mer alors que la limite supérieure est de 0,066 mg/l, selon le rapport paru le 9 mars.  

    L'ONG pense que ce dépassement des limites pourrait provenir de la "décomposition de matériel organique", comme la nourriture et les boissons qui se trouvaient à bord du paquebot. Greenpeace a en outre relevé des quantités variant de 3,77 mg/l à 4,35 mg/l d'éléments chimiques provenant des produits de nettoyage, alors que le maximum toléré par la réglementation en vigueur est de 0,5 mg/l. Selon l'association, ces chiffres sont supérieurs à ceux de l'agence officielle régionale pour la protection de l'environnement (Arpat) qui pourtant, "analyse l'eau tous les jours, avec de très bons résultats", soulignait encore le journal L'Espresso.

    Mais la différence pourrait venir du fait que les prélèvements de Greenpeace ont été réalisés à la surface de la mer et non en profondeur comme le fait l'Arpart, explique Greenpeace. De son côté, le ministère de l'environnement italien a démenti toute pollution de l'eau de mer, précisant que les hydrocarbures et les détergents se trouvent à ''un niveau inférieur au seuil où ils peuvent être prélevés'', selon l'AFP.

    Concernant les hydrocarbures, si Greenpeace a relevé des quantités basses dans l'eau de mer, les niveaux constatés de 82 microgrammes par litre (microgr/l) dans l'eau du robinet d'un magasin du port, "ne peuvent certainement pas être considérés comme des indices de bonne qualité de l'eau potable", estime l'ONG tout en déplorant l'absence de limite fixée dans la réglementation (décret de 2001). Greenpeace juge ''inacceptable'' la présence de ces substances dans les eaux destinées à la consommation humaine et a appelé "les institutions" à mener "des opérations de surveillance". En réaction, la société locale qui gère l'eau potable a assuré que les prélèvements quotidiens, effectués à trois endroits (un en mer et deux sur l'île) depuis un mois et demi, restaient en dessous des limites réglementaires, selon l'AFP.

    Près d'un an pour enlever l'épave

    Si l'association souligne enfin que les fonds marins ne sont pas touchés, elle a demandé un plan rapide d'enlèvement de l'épave alors que "l'île fait partie d'un sanctuaire pour les baleines, protégé depuis 2001'', a-t-elle rappelé tout en saluant la parution le 7 mars du décret pris suite au naufrage, visant à "restreindre ou interdire le transit des navires marchands pour la protection des zones sensibles en mer territoriale''.

    La société Costa Crociere a aussitôt répondu à Greenpeace et a annoncé qu'elle avait reçu six propositions d'enlèvement de la coque du Costa Concordia, dans le cadre de l'appel d'offres lancé début février.

    Ces projets "présentent différentes méthodologies et techniques d'intervention. Tous partageant le même haut niveau de qualité et la même attention portée sur la limitation de l'impact environnemental, sur la protection des activités touristiques et économiques de l'île de Giglio et sur la plus grande sécurité", a souligné la compagnie dans un communiqué.

    L'étude technique des six propositions est déjà en cours et une "short list" sera déterminée dès la mi-mars. Le plan d'enlèvement sélectionné sera annoncé d'ici la fin du mois ou début avril. "Etant donné la complexité et le caractère extraordinaire de l'opération, les projets prévoient des durées d'intervention variables, estimées à environ 10 à 12 mois'', a précisé Costa Crociere.

    Evacuer une épave longue de 290 mètres, large de 38 m et pesant près de 115.000 tonnes… n'est effectivement pas chose facile. Redresser le paquebot incliné à 80°reste encore un véritable casse-tête. Parmi les six entreprises en lice pour le retrait du paquebot figureraient le néerlandais Boskalis, dont la filiale Smit Salvage est déjà chargée du pompage du carburant, l'américain Titan Salvage ou encore le danois Svitzer Salvage.

    Plusieurs hypothèses avaient été émises après l'accident pour renflouer le Costa Concordia : soit découper l'épave en tranches, soit la soulever jusqu'à ce qu'elle soit à flot et la tirer avec des remorqueurs. Boskalis a pour sa part proposé ''de renflouer l'ensemble" qui est l'option la plus onéreuse tandis que d'autres entreprises ont offert de couper les ponts supérieurs légers et de renflouer la coque lourde, selon l'agence Reuters. Le néerlandais a estimé le 15 mars le coût de l'opération à plus de 100 millions d'euros. "Les 10 à 12 mois que prendra le démantèlement et le remorquage devraient être tenus", a affirmé de son côté au Figaro, le vice-président de Costa Crociere. Selon lui, l'enlèvement de l'épave "ne devrait pas avoir d'incidence sur le flux touristique de l'été, et inversement".

    Rachida Boughriet © Tous droits réservés Actu-Environnement


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  • La cloche du «Costa Concordia» a disparu Mystère — Tandis que les plongeurs poursuivent leur macabre recherche sous-marine, des voleurs ont emporté l’un des symboles du paquebot échoué.

    Deux mois après le naufrage du «Costa Concordia», le 14 janvier dernier le long des côtes italiennes, les plongeurs poursuivent leur sinistre besogne: chercher les derniers corps des victimes disparues. Au total, 32 personnes ont perdu la vie lors du naufrage, et sept corps n’ont toujours pas été retrouvés. Parallèlement, les opérations de pompage du fuel encore présent dans les cuves signifie que de nombreux employés s’activent toujours autour du cargo couché sur le flanc. Autant dire que le «Costa Concordia» n’est pas laissé à l’abandon mais sous surveillance constante, éclairé en outre par des faisceaux lumineux 24 h sur 24.

    Mais cela n’a pas empêché le vol de la cloche du «Concordia», il y a quelques jours. Dans un cliché pris peu après le naufrage et distribué par la police toscane, on voit distinctement des plongeurs nager à côté de cet emblème du paquebot englouti. Selon les médias locaux, la cloche, qui se trouvait à quelque huit mètres de profondeur, a certainement été emportée non pas par un mais par plusieurs inconnus, vu son poids. En laiton, la campane, qui pèse plusieurs dizaines de kilos, a forcément été emportée par au moins deux personnes, estime-t-on sur place.

    Le Parquet de la ville de Grosseto, chargé d'enquêter sur le naufrage, a ouvert une enquête supplémentaire pour vol, a déclaré le préfet Franco Gabrielli, ajoutant, d’un ton las à l’adresse de tous les voyous tentés par de tels larcins: «Je ne crois pas que ce soit un Martien qui ait emporté la cloche.» L’objet, qui trônait au bas d’un mât sur le pont du navire était estampillé Costa Concordia 2006, pour signifier l’année de mise en service du paquebot géant.

    lematin.ch 16.03.2012


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  • Concordia : après le drame, le tourisme

    Par Delphine de Mallevoüe Mis à jour <time class="updated" datetime="16-03-2012T23:54:00+02:00;">le 16/03/2012 à 23:54</time> | publié <time datetime="16-03-2012T20:02:00+02:00;" pubdate="">le 16/03/2012 à 20:02</time>
    Le Costa Concordia et le port de l'ïle du Giglio, où il a échoué, 
le 13 janvier dernier.
    Le Costa Concordia et le port de l'ïle du Giglio, où il a échoué, le 13 janvier dernier. Crédits photo : © Giampiero Sposito / Reuters/REUTERS

    L'épave du navire naufragé le 13 janvier devient une attraction morbide pour les vacanciers.

    L'assourdissant chaos qui avait envahi la petite île du Giglio après le naufrage du Concordia, le 13 janvier dernier, s'est lentement évanoui pour ne laisser aujourd'hui qu'un fond sonore de marteaux et de scies électriques, désordres rituels de rénovation pour préparer la haute ­saison touristique. Mais le chassé-croisé, encore important, des équipes de protection civile, des pompiers, militaires et policiers avec les techniciens du pompage de carburant du ­bateau fige la réalité de la tragédie toujours présente.

    Personne ici n'est prêt d'oublier. «Il s'est échoué là dans les cris et la mort et, remorqué ou pas, il restera ancré dans nos mémoires», lance Giorgio, un habitant de l'île. À ce jour, 7 corps n'ont toujours pas été retrouvés.

    Le tourisme morbide qui s'était improvisé au lendemain de la tragédie n'a pas cessé. On prend la journée pour venir voir le gisant de 115.000 tonnes éventré, on prend la pose pour la photo. Italiens et vacanciers de toutes nationalités. «La tour Eiffel allongée!», s'exclament des Français en multipliant les photos. Les groupes scolaires viennent par centaines, sandwich d'une main, crème solaire de l'autre.

    Sur le ferry qui s'approche de l'épave, les accompagnateurs préviennent: «Personne ne monte sur le pont si l'un d'entre vous n'est pas crémé!» «A croire que la visite est inscrite au programme de l'éducation nationale!», ironise Francesca, une habitante de l'île, qui en voit débarquer presque chaque jour. Un spectacle qui révulse la maman de Mylène, la jeune Française de 23 ans dont le corps vient d'être enfin identifié par les résultats ADN. «J'ai la rage quand je vois l'indécence de tous ces gens qui pique-niquent à côté du bateau et se font prendre en photo en famille! Des morts sont encore coincés dessous», s'indigne-t-elle.

    Alors que le tourisme est habituellement très faible jusqu'en mai, l'île du Giglio a enregistré «un bond de 200%» en janvier et février, caricature à peine Elizabeth Nanni, vice-présidente de l'office de tourisme. «Nous le déplorons, car nous ne recherchons pas ce genre de tourisme pour notre belle île», souligne-t-elle.

    «L' économie locale se porte anormalement bien»

    Entre les quelques hôtels réquisitionnés pour les équipes d'intervention et de sécurité et les restaurants pris d'assaut par les curieux, «l'économie locale se porte anormalement bien», observent les autorités municipales. Quant aux perspectives estivales, si l'office a enregistré plusieurs annulations, elles devraient être compensées par «les nombreuses personnes qui ont découvert l'île avec sa médiatisation», prophétise Elizabeth Nanni. D'habitude, la petite île, qui compte quelque 700 résidents en hiver et 3400 en été, reçoit 4000 vacanciers sédentaires en juillet et en août et enregistre 50.000 passages, selon les chiffres des compagnies de ferry qui assurent la traversée du continent à l'île.

    Des prévisions confortées par l'absence d'impact du naufrage sur l'environnement, malgré les quelques pollutions mineures mentionnées par Greenpeace la semaine dernière. La menace était pourtant grande avant le début des opérations de pompage et durant leur première phase. Aujourd'hui, «70% du fuel a été retiré», dit non sans soulagement le vice-président de Costa Crociere, Norbert ­Stiekema. Quant à l'enlèvement de l'épave, selon lui, il ne devrait pas avoir d'incidence sur le flux touristique de l'été, et inversement. «Les 10 à 12 mois que prendra le démantèlement et le remorquage devraient être tenus», estime-t-il.

    Six propositions sont actuellement étudiées, dans le processus d'appel d'offres, et le choix sera connu «fin mars début avril», indique le ­siège de la compagnie de croisières à Gênes. Au port, dans les cafés, les tablées d'insulaires et de secouristes décortiquent inlassablement le drame, alimenté par les derniers articles de la presse locale. Mais si tous les angles y passent, du remorquage au procès, c'est surtout la figure de Schettino, le commandant du Concordia, qui refait sempiternellement surface. Résident de l'île, Salvatore a côtoyé Francesco Schettino le temps d'une croisière sur le Costa Atlantica, en 2010. «Je l'ai tout de suite vu, ce gars n'est pas un marin, c'est un showman, assure-t-il de son expérience d'ancien commandant de la marine militaire. Pas étonnant que ça se soit fini comme ça!»


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  • Les obsèques de Mylène Litzler et Mickaël Blémand, jeune couple décédé le 13 janvier dans le naufrage du Costa Concordia et dont les corps ont été identifiés mardi, auront lieu mercredi à Sarcelles (Val-d'Oise), a-t-on appris vendredi auprès de la famille des victimes.

    La cérémonie se déroulera à partir de 14H00 au funérarium du nouveau cimetière de Sarcelles et se poursuivra à 15H00 à l'église Saint-Pierre Saint-Paul, dans le centre de Sarcelles, a précisé l'oncle de Mylène, André Litzler.

    Selon M. Litzler, les dépouilles de Mylène et Mickaël seront rapatriées en France vendredi soir dans un avion Air France, à bord duquel se trouveront les parents des victimes, actuellement en Italie.

    Mylène Litzler, 23 ans, et son compagnon Mickaël Blémand, 25 ans, originaires de Sarcelles, ont été formellement identifié mardi par des tests ADN parmi huit corps découverts le 22 février, grâce à des témoignages de rescapés, dans la partie immergée du navire.


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