• L'épave du «Concordia» repose sur le flanc droit à une centaine de
 mètres du rivage, en bordure d'une fosse marine profonde de 80 mètres.
    L'épave du «Concordia» repose sur le flanc droit à une centaine de mètres du rivage, en bordure d'une fosse marine profonde de 80 mètres. Crédits photo : Pier Paolo Cito/ASSOCIATED PRESS

    INFOGRAPHIE - Costa Croisières se donne huit mois pour mener à bien cette gigantesque opération de récupération du paquebot. Coût estimé : 236 millions d'euros.

    Un chantier colossal. Pour mettre en sécurité et hâler jusqu'à un chantier de démolition le Concordia, mastodonte jaugeant 44.600 tonnes, des moyens titanesques et une logistique de haute sophistication vont être employés dans les semaines à venir. «Ce que nous allons entreprendre n'a jamais été fait», a assuré le 18 mai dernier le président de l'armateur de croisière Costa Croisières, Gianni Onorato. «Un navire de ce gabarit ne peut rester longtemps dans les conditions où il se trouve, a confié de son côté le préfet Franco Gabrielli, qui dirige la Protection civile et coordonne pour le compte du gouvernement l'ensemble des opérations. Il doit être enlevé le plus tôt possible, sous peine d'une corrosion rapide de ses structures par l'eau de mer, de pollution et de destruction du milieu marin.»

    Depuis son naufrage devant l'île du Giglio, au large de la Toscane, le 13 janvier dernier, le paquebot de croisière repose sur le flanc droit à une centaine de mètres du rivage, en bordure d'une fosse marine profonde de 80 mètres. «Notre premier objectif sera de mettre l'épave en sécurité pour éviter qu'elle ne glisse dans la fosse. Nous nous sommes fixés le 31 août comme échéance ultime», explique le préfet.

    Deux corps encore à bord

    Le 21 avril dernier, au terme d'une sélection portant sur six dossiers, le contrat a été confié à un consortium constitué de Titan Salvage, firme du groupe américain Crowley spécialisée dans les récupérations d'épaves, et Micoperi, société italienne, spécialisée dans l'installation de plates-formes off-shore. À bord du Concordiase trouvent encore deux corps, celui d'un Indien qui faisait partie de l'équipage et d'une Italienne. Trente autres disparus ont été retrouvés et identifiés. «Notre priorité sera de chercher ces deux corps dès que le navire aura été redressé», affirme le préfet Gabrielli.


    Cliquez sur l'aperçu pour agrandir l'infographie.

    L'intervention sur l'épave se décompose en quatre phases. Dans un premier temps, soixante poteaux, d'environ quinze centimètres de diamètre, seront enfoncés profondément dans la roche marine, tout le long de la paroi droite de l'épave, de manière à pouvoir l'arrimer solidement. À partir de ce moment, d'énormes plaques d'acier seront soudées tout autour de la coque. Elles sont destinées à recevoir quarante ballasts carrés de quatre mètres de côté chacun qui serviront de stabilisateurs. Ces ballasts seront eux-mêmes ancrés sur le fond marin et emplis d'eau pour faire contrepoids. À l'aide de grues géantes et de chalands, le navire sera alors redressé pour venir s'encastrer dans le moule qui aura été aménagé entre les ballasts. Un système de câblage permettra de le stabiliser et de sécuriser son assise. À partir de ce moment, l'eau des ballasts sera pompée de manière à leur permettre de flotter en soulevant le navire. Toute l'eau évacuée sera récupérée dans des barges et emmenée pour être traitée, de manière à éviter toute pollution. C'est à ce moment - et à ce moment seulement - que le Concordia, dûment sanglé à son énorme dock flottant, pourra être hâlé vers un chantier de démolition, probablement à Livourne.

    Des risques énormes

    Bien entendu, l'opération comporte des risques énormes. À tout moment, le navire peut s'incliner, s'affaisser, glisser dans la fosse marine, sombrer en haute mer. Par une superstition bien ancrée dans les milieux marins, les responsables de l'opération n'ont pas voulu commenter ces risques. Le capitaine Richard Habib, directeur général de Titan Salvage, s'est contenté de se dire «confiant», en rappelant que sa firme avait mené à bien plus de 475 projets de récupération d'épaves et de plates-formes pétrolières. Quant à l'administrateur délégué de Micoperi, Silvio Bartolotti, il a souligné que sa firme a réalisé 60 installations pétrolières et gazières offshore, posé 27 pipelines et construits 20 installations portuaires nécessitant d'ouvrir des chantiers sous l'eau. Une grande partie des travaux se feront sous le niveau de la mer et nécessiteront l'intervention d'équipes hautement qualifiées.

    Costa Croisières a passé également un accord avec la région Toscane pour superviser en permanence les milieux marins et le littoral. Des études environnementales seront conduites par l'université La Sapienza jusqu'en 2018. «Nous ne prétendons pas préserver l'intégralité du milieu naturel, mais au moins 90%», affirme l'armateur Onorato. Coût estimé de cette opération «cyclopéenne»: 236 millions d'euros, pris en charge les assurances.


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  • Charm el-Cheikh : Plusieurs morts dans une collision sur le Costa Europa

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    Le Costa Europa à Charm el-Cheikh, vendredi
    crédits : JEROME LOUFIAT
     
    26/02/2010

    Ce vendredi 26 février, peu avant 4 heures du matin (heure locale), le paquebot Costa Europa a violemment heurté un quai lors d'une manoeuvre d'accostage dans le port égyptien de Charm el-Cheikh, où les conditions météo étaient mauvaises. L'accident, qui a provoqué un black-out électrique, a fait trois morts parmi les marins et plusieurs blessés chez les passagers. L'équipage est immédiatement intervenu, rétablissant le courant et évacuant les 1500 passagers, qui ont été transférés dans le calme dans un hôtel à terre. Ils ont ensuite été rappatriés par vols spéciaux, les Français rentrant à Paris le 28 février.


    Le Costa Europa vendredi (© : JEROME LOUFIAT)

    Sur le navire, les dégâts sont importants, avec une brèche de plusieurs mètres dans la coque. Dans le port de Charm el-Cheikh, le Costa Europa a pris de la gîte, afin que les dégâts puissent être mieux appréciés depuis le quai. Selon un témoin contacté par Mer et Marine, aucun remorqueur ne participait à la manoeuvre, la météo étant caractérisée par de fortes rafales de vent. Le Costa Europa était parti de Dubaï le 14 février pour rejoindre Savone le 3 mars. Il s'agit de l'une des ultimes traversées du navire aux couleurs de Costa Croisières. La compagnie italienne va, en effet, le verser en avril à Thomson Cruises, qui va continuer de l'exploiter sous le nom de Thomson Dream.
    Construit en 1986, l'Europa mesure 243 mètres de long et affiche une jauge de 54.000 tonneaux. Il peut transporter jusqu'à 1700 passagers.


    Le Costa Europa vendredi (© : JEROME LOUFIAT)


    Le Costa Europa vendredi (© : JEROME LOUFIAT)

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  • La croisière ne s’amuse plus

    Vendredi 13 janvier 2012. Le Costa Concordia, un géant des mers avec plus de 4’200 passagers à bord, touche un rocher proche de l’Ile du Giglio en Toscane. Bilan à ce jour : 32 morts, dont 2 disparus. Que s’est-il vraiment passé cette nuit-là ? Un tel accident pourrait-il survenir à nouveau ? Les marchands de rêves en ont-ils tiré des leçons ? Une enquête dans le monde des croisières qui ne s’amusent plus.

    Cent ans après le Titanic, le naufrage du Costa Concordia est également entré dans la mémoire collective. Les images de cet énorme bateau échoué à quelques mètres du port d’une minuscule île italienne ont tourné en boucle sur les chaînes tv du monde entier. Le public s’est ému et passionné pour l’histoire de ces naufragés, dont 69 Suisses, qui se sont retrouvés pour certains prisonniers d’un navire transformé en cercueil.

    Quatre mois après, Temps Présent revient sur ce drame avec des témoignages et des vidéos exclusives de passagers rescapés. Une enquête pour comprendre comment le Concordia a pu s’échouer alors qu’il était garanti comme l’un des plus sûrs navires au monde. Est-il un exemple isolé ? Ou ces gros paquebots qui se multiplient sont-ils des cimetières potentiels ? Aujourd'hui rien n’est trop beau, rien n’est trop grand dans un secteur touristique en pleine expansion où l’argent coule à flots et la concurrence entre armateurs fait rage.

    Rediffusion le vendredi 18 mai 2012 à 0h25 et le lundi 21 mai 2012 à 16h05 sur RTSdeux.

    Générique

    Un reportage de Peter Berni et Michel Heiniger Image : Jean-Dominique De Weck Son : Gianni Del Gaudio

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  • Costa Concordia : le paquebot devrait quitter la côte italienne

     

    Depuis 4 mois, l'épave du Costa Concordia gît sur les côtes italiennes. Le paquebot devrait disparaitre de l'île de Giglio d'ici février 2013. L'armateur qui a présenté vendredi le plan du renflouement du paquebot a promis que les travaux commenceront dans quelques jours.

    Autour du Costa Concordia règne une atmosphère bien tranquille. Et pourtant,  les apparences sont trompeuses car à tout moment ses 4400 tonnes d’acier risquent de glisser dans les profondeurs. Il faut donc au plus vite le retirer des côtes italiennes.

    Le navire sera donc enlevé. Pour se faire, des plateformes seront installées sous l’eau, à 20 mètres de profondeur. A l’aide de grues, le paquebot devra être redressé dans sa position initiale, puis avec des boues géantes, il devra être stabilisé. Ainsi, le Costa Concordia pourra être remorqué.

    Une fois redressé,  le navire sera transporté vers un port italien.

    Ces prochains mois, le lieu de remorquage de l’épave devrait être identifié. Enfin, le Costa Concordia devrait être détruit.

    Aussi, pour protéger la flore marine, les coraux du littoral seront déplacés dans un aquarium puis réimplantés une fois le chantier terminé.

    Le cout des travaux est estimé à près de 230 millions d’euros.


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  • Costa Concordia: Le capitaine jugé inapte à commander un paquebot de croisière

    Mis à jour le 16.05.12 à 21h57

    schettino sorti du poste de policeLa Cour de cassation italienne a jugé ce mercredi que Francesco Schettino, capitaine du Costa Concordia, victime d'un naufrage qui a coûté la vie à au moins 30 personnes en janvier au large de la Toscane, était inapte à commander un paquebot de croisière.

    Dans son arrêt, la haute juridiction considère que le capitaine a fait preuve d'une «résistance insuffisante dans l'exercice de ses fonctions de commandement ou dans l'exercice de sa responsabilité à l'égard de la sécurité des personnes sous sa protection».

    Francesco Schettino est accusé d'avoir provoqué le naufrage du navire en l'approchant trop près de la côte de l'île du Giglio. Le paquebot a heurté des écueils et s'est couché en partie immergé. Le capitaine est aussi soupçonné d'avoir retardé l'évacuation des 4.200 passagers et membres d'équipage et d'avoir abandonné le navire avant que toutes les personnes à bord aient quitté le bateau. Trente corps ont été récupérés et deux personnes sont toujours officiellement portées disparues.


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