• L'interview du commandant du Concordia choque l'Italie (lire l'article d'origine)


    Francesco Schettino a reçu la somme de 57.000 euros pour un entretien exclusif sur la chaîne italienne Canale 5.

    Alors que les victimes se sont retrouvées vendredi sur l'île du Giglio en Toscane, six mois après le naufrage du Concordia , le commandant du navire, Francesco Schettino, vient de conclure les termes d'une interview exclusive avec une chaîne italienne Canale 5. La tractation, sur laquelle des rumeurs circulaient depuis quelques jours, a finalement été «conclue à 57.000 euros», a confié au Figaro un journaliste de la chaîne appartenant au groupe de Berlusconi.

     

    "26 mn d'interview pour 57 000 euros

    La chaine italienne canale 5 a reçu l'ex commandant du Costa Concordia

    «Cela choque beaucoup de personnes en Italie, y compris les journalistes», a-t-il commenté.

    Les victimes en colère

    L'attitude de Francesco Schettino scandalise les victimes tant sur «le manque de décence» de cette marchandisation que sur son montant même qui s'avère bien supérieur aux indemnités qu'«on ne pourra jamais espérer», s'indigne Nicole, une rescapée qui a reçu 11.000 euros en guise de réparation de son préjudice.

    En outre, les propos du commandant, loin du mea culpa, choquent l'opinion. En revenant sur les faits, survenus dans la nuit du 13 janvier dernier, il revendique avoir évité le pire. «J'ai été guidé par une main divine, a-t-il déclaré à la presse transalpine. Mon flair et mon attention m'ont permis d'éviter un choc frontal avec le rocher. Et le fait d'avoir retardé l'ordre d'évacuation a été providentiel. Il aurait été très imprudent d'arrêter brusquement le navire. Il risquait de se retourner et le nombre des victimes aurait été bien supérieur.»

    «C'est vraiment révoltant, dit Brigitte Litzler, la mère de la jeune Mylène, morte dans le naufrage aux côtés de son fiancé Mickaël Blémand. Non seulement il n'est plus assigné à résidence mais il pérore et se fait de l'argent sur le dos des victimes. C'est une honte. Je ne comprends plus dans quel monde on vit.» Les parents de Mylène n'ont pas voulu se rendre vendredi au Giglio pour l'hommage aux victimes. «Ça ne rime à rien tant qu'on n'a pas retrouvé les autres», estime-t-elle en faisant référence aux deux corps encore introuvables. Le naufrage a fait 32 morts.

     


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  • Nouvelle plainte contre les propriétaires du "Concordia", accusé d'avoir préféré le profit à la sécurité

     

     

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    Le Costa Concordia transportait 4 229 personnes, dont une majorité de touristes italiens, français et allemands.

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    Un cabinet d'avocats a annoncé des poursuites mardi 26 juin contre la société américaine Carnival, propriétaire du paquebot Costa-Concordia qui a fait naufrage en janvier près des côtes italiennes, jugeant qu'elle a poussé ses concepteurs à sacrifier la sécurité pour les profits.

    Le cabinet Eaves a demandé des dommages-intérêts devant la justice californienne, en espérant qu'une victoire en justice puisse avoir pour conséquence de déclarer impropres à la navigation tous les autres bateaux de ce type.

    PROPENSION DU BATEAU À TANGUER

    "Ce matin, nous avons déposé une plainte contre Carnival et les architectes qui ont dessiné les plans du Concordia, pour avoir ignoré délibérément la sûreté afin de maximaliser le profit", a expliqué l'avocat américain John Arther Eaves, lors d'une conférence de presse à Rome.

    M. Eaves, qui affirme faire partie d'un collectif d'avocats représentant 150 plaignants du Concordia, a estimé que les plans du bateau l'avaient rendu trop lourd dans sa partie supérieure avec une propension à tanguer.

    "C'est une triste tragédie que cette course pour construire le plus gros bateau possible, avec les coques les moins profondes et de la place pour le plus grand nombre possible de passagers. Nous avons porté plainte pour mettre fin à une course qui détruit la sécurité", a-t-il dit. Selon le cabinet d'avocats, Carnival "a contrôlé ou au moins influencé le design du Costa-Concordia, afin qu'il corresponde à ses besoins commerciaux". M. Eaves a aussi lancé des poursuites contre les architectes.

    PAS DE SANCTIONS EN CAS DE NON-RESPECT DES RÈGLES

    Toujours selon M. Eaves, ceux qui ont dessiné ce "géant des mers" ont observé des "normes démodées" pour un navire de cette taille. Un succès de cette plainte, a-t-il ajouté, forcerait l"Organisation maritime internationale (IMO) à actualiser ses propres normes. "Le problème en ce moment est que les règles de l'IMO sont juste des directives. Il n'y a pas de sanctions pour ceux qui ne respectent pas ces règles", a-t-il dit.

    Le Costa-Concordia transportait 4 229 personnes, dont 3 200 touristes de 60 nationalités et un millier de membres d'équip


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