• 500 à 600 passagers sauvés par un serveur colombien

    Des secouristes évacuent un passager du Costa Concordia, le 14 janvier 2011 à Porto Santo Stefano Filippo Monteforte AFP

    un serveur colombien "Nous avons sauvé entre 500 et 600 personnes", a raconté dimanche à l'AFP Edgard Lopez Sanchez, un serveur qui, avec neuf autres membres d'équipage colombiens, a secouru les passagers du bateau de croisière Costa Concordia lors de son naufrage. "Nous avons sauvé entre 500 et 600 personnes, j'ai fait une dizaine de voyages avec le canot (de sauvetage, ndlr), il faisait froid, il y avait du vent", a indiqué ce Colombien de 48 ans, par téléphone dans un hôtel de Grosseto, ville proche de l'île du Giglio où a eu lieu la catastrophe vendredi soir.

    M. Lopez, originaire de Bogota, qui travaille depuis 17 ans pour l'armateur italien Costa Crociere (groupe américain Carnival) propriétaire du paquebot de luxe, a souligné que le personnel "est entraîné par la compagnie à faire ce genre de choses".

    "C'est mon deuxième naufrage après celui que j'ai vécu en 2006 à Punta del Este (station balnéaire de luxe de l'Uruguay) lors d'un incendie mais celui-ci a été le plus terrible", a-t-il confié.

    "Les héros c'est nous: les Colombiens, les Honduriens, les Chinois, l'équipage qui est composé de gens de 20 nationalités", a estimé M. Lopez, qui a admis que "les ordres d'évacuation sont arrivés tard".

    Puis, "les sauveteurs, la police, les pompiers ont mis au moins 45 minutes pour arriver", selon M. Lopez.

    Le serveur a perdu tout ce qu'il possédait: papiers d'identité, argent, ordinateur, téléphone portable, vêtements. Il a en tête tous les détails de la tragédie du Costa Concordia.

    "Vers 21H45 (20H45 GMT), j'ai entendu un énorme bruit. Je n'ai pas eu peur. Nous, nous ne souffrons pas de panique, nous sommes des combattants. Nous avons essayé de calmer les gens tout en sachant que c'était bizarre, très étrange", a indiqué le serveur.

    "Le capitaine ne parlait pas, c'est le maitre de cérémonie qui nous a ordonné de tranquilliser les gens", a-t-il poursuivi. "Nous parlons entre nous par code et il nous a dit +india victor azuzena+, ce qui veut dire +incendie et blessés+ parce qu'avec le choc, beaucoup de gens se sont blessés et coupés, à cause de la chute de plats et verres", a souligné le serveur.

    Selon lui, "le deuxième choc a été encore pire, le navire a commencé à s'incliner de près de 50 degrés, les gens couraient dans tous les sens comme des poulets qu'on lâche dans la nature".

    Edgard Lopez a cherché à regagner sa cabine récupérer des affaires. "Mais ce n'était pas possible parce que l'eau montait, nous avons alors commencé à emmener les passagers vers les escaliers de secours et les points de rassemblement", a-t-il souligné.

    Selon lui, "l'équipage asiatique, pratiquement la moitié, parlait assez mal l'anglais et communiquait par signes" avec les passagers et le reste de l'équipage.

    Edgard, un vétéran qui parle cinq langues et a voyagé dans le monde entier, a essayé en vain de monter sur une chaloupe du côté le plus dangereux où l'inclinaison était la plus forte. "Impuissant, j'ai pensé me jeter à l'eau, c'était comme sauter du 11ème étage d'un immeuble" sans savoir ce qu'il y avait en-dessous, a-t-il dit, "heureusement un ami hondurien m'en a empêché".

    De nombreux occupants du bateau se sont cassé des bras et des jambes en se lançant du navire car il y avait relativement peu de fond et beaucoup de rochers.

    Finalement, il a été jusqu'au bar à un pont inférieur et s'est laissé "glisser vers la mer par l'autre flanc du bateau" où il y avait une chaloupe.

    "Grâce à Dieu ensuite j'ai pu commencer à aider les gens et j'ai fait quelque chose comme dix voyages", raconte encore Edgard qui n'arrive pas à se sortir de la tête une conversation avec une passagère italienne avant le naufrage. "C'est comme si elle avait fait une prédiction, elle me parlait tout le temps du Titanic, en rappelant qu'il avait coulé il y a exactement 100 ans en 1912", a-t-il ajouté.

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