• 7-05-2012 Costa Concordia.des naufragés français réclament 50 000 € de provision

    Costa Concordia. Des naufragés français réclament 50 000 € de provision

    Justice lundi 07 mai 2012

    Quatorze naufragés français du paquebot Concordia, qui s’était échoué le 13 janvier près d’une île italienne en faisant 32 morts, demanderont mercredi au juge des référés de Nanterre d’ordonner une expertise psychologique et le versement d’une provision de 50 000 € chacun.

    Ces cinq familles françaises, qui résident à la Réunion et en métropole, ont refusé l’indemnisation de 11 000 € proposée par la compagnie Costa Crociere (groupe Carnival), propriétaire du navire de croisière, et réclament la nomination d’un expert pour évaluer leur préjudice psychologique, selon leur avocate, Me Laurie Franchitto.

    Pour ces naufragés qui n’ont pas subi de dommage corporel lors de l’accident mais ont perdu leurs bagages, le trouble de stress post-traumatique est important aux dires de leur conseil. « Certains ont essayé de reprendre le travail mais n’y sont pas parvenus. Des enfants font des cauchemars. L’un de mes clients n’arrive pas à dormir plus de quatre heures la nuit. Il est sans cesse réveillé par le bruit du bateau » heurtant l’écueil, explique Me Franchitto.

    L’assignation vise la succursale française de la compagnie Costa Crociere, basée à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), comme l’avait fait un collectif regroupant 70 % des 462 naufragés français du Costa Concordia. Le juge des référés du tribunal de grande instance de Nanterre leur avait donné raison le 13 février en prolongeant de trois mois le délai imparti pour accepter ou refuser l’indemnisation proposée par Costa Crociere. Selon son avocat, Me Patrick Simon, la compagnie italienne a fait appel du jugement et attend la décision.

    Mercredi, Me Simon compte plaider l’incompétence du juge administratif de l’urgence des Hauts-de-Seine. « Le contrat de croisière est régi par le droit italien et donc un juge des référés français ne peut pas aller si loin dans le fond d’une affaire en appréciant le contenu d’une loi étrangère », estime-t-il. « Tant que l’enquête, menée en Italie sur les causes de l’accident, n’est pas terminée, on ne peut pas décider », ajoute-t-il.

    Le conseil de Costa Crociere considère par ailleurs le montant de la provision réclamé comme étant « hors de proportion ». « Nous ne sommes pas aux Etats-Unis où l’on alloue des indemnités astronomiques », argue-t-il.

    Pour Me Franchitto, la somme de 50 000 € est au contraire « tout à fait raisonnable » comparativement à celle demandée par un cabinet américain qui a déposé en janvier une plainte en nom collectif (« class action ») contre Costa Crociere et sa maison mère basée à Miami, à laquelle s’est jointe une cinquantaine de victimes françaises. Selon l’évaluation de ce cabinet, une victime qui a juste eu à subir le naufrage peut espérer entre 100 000 et 150 000 € aux Etats-Unis.

    Lorsqu’il avait heurté un écueil devant l’île du Giglio en Toscane, en s’approchant trop près de la côte, le Costa Concordia transportait 4 229 personnes de 60 nationalités différentes, dont 3 200 touristes et un millier de membres d’équipage. La catastrophe a fait 32 morts, dont six Français.

    En Italie, où est conduite l’enquête principale, neuf personnes sont poursuivies, dont le commandant du navire, Francesco Schettino, et son second, Ciro Ambrosio, pour homicides multiples par imprudence, naufrage et abandon de navire. En France, le parquet de Paris a diligenté une enquête préliminaire sur le naufrage.

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