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    Blagnac. Naufragés du Concordia : "Notre vie valait 11 000 € pour Costa !"

    Blagnac. Naufragés du  Concordia :
    Blagnac. Naufragés du  Concordia :
    Blagnac. Naufragés du Concordia : "Notre vie valait 11 000 € pour Costa !"
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    C'était leur deuxième croisière. Sans doute la dernière. Alain et Lydia, 50 ans, deux enfants, ont acheté leurs billets sur Internet. Le vendredi 13 janvier, la croisière sur le Costa Concordia touchait à sa fin.

    Que faisiez-vous au moment du choc ?

    Nous étions à table, au service de 21 h 30. Il y a eu de grandes vibrations et le bateau s'est incliné côté gauche. Les lumières se sont éteintes et nos couverts se sont fracassé parterre. L'angoisse a commencé à monter. Les serveurs paraissaient hésitants. Dix minutes après, les haut-parleurs disaient qu'un générateur était en panne, et que la situation était sous contrôle…

    Qu'avez-vous fait alors ?

    Nous pouvions encore marcher sur le bateau. Nous nous sommes dirigés vers l'extérieur. Là, c'était la panique, dans le noir. Nous n'avions que nos téléphones portables pour nous éclairer. Le bateau s'est penché de l'autre côté, en deux fois. Nous avons rejoint notre cabine, pour enfiler notre gilet de sauvetage. Nous avons gardé notre tenue de soirée, et tout laissé. Là, nous avons vu que la côte était toute proche. Nous nous sommes dirigés vers les chaloupes. Le bateau commençait à pencher sérieusement.

    Avez-vous paniqué ?

    Pas totalement, heureusement. Nous avons accompagné un couple âgé. Le mari, handicapé, se déplaçait avec deux cannes. Nous l'avons pris entre nous deux. Arrivés au 4e étage, c'était la bousculade. Il a fallu se débrouiller pour les installer dans une chaloupe, aidés par le personnel de service qui a ouvert les bâches des embarcations. C'était l'horreur. Une femme criait : « Je suis enceinte », mais des hommes répondaient qu'eux aussi, ils étaient enceintes… en donnant des coups de coude. Nous avons assisté à de vraies scènes de panique (silence). Les liens de la chaloupe ont été rompus à coups de hache, et elle est tombée au niveau de la mer. Le moteur a démarré, puis après 3 ou 4 secondes, on s'est retrouvés éloignés du bateau. Nous avons applaudi. Après 5 à 10 minutes, on s'est retrouvé dans un petit port, où environ 1 500 personnes étaient déjà là. Il faisait très froid. Nous sommes entrés dans une petite église, et dans un hospice. Il y avait aussi un minuscule café et deux bus qui ont servi d'abri.

    Et à votre retour en France ?

    Lydia a été arrêtée 15 jours. Elle a repris le travail le 30 janvier. Elle a besoin d'un soutien psychologique, et de kiné pour une blessure au bras.

    Quels sentiments éprouvez-vous ?

    C'est une honte et un scandale. Ce qu'a fait le commandant est inadmissible. On ne s'approche pas des côtes avec 4 000 personnes à bord, des femmes et des enfants. D'autant plus qu'il a ensuite abandonné le bateau. Et les accumulations de fautes : pas d'exercice d'évacuation lors de la croisière ni de maintenance des équipements.

    Allez-vous porter plainte ?

    Nous faisons des papiers. Nous avons laissé à bord des affaires auxquelles nous sommes très attachés. Nous voulons tout faire pour que cela ne se reproduise plus, et donc cela passe par les tribunaux, même si nous craignons que cela traîne pendant des années et que cela nous empêche de tourner la page. Nous avons reçu des papiers de la part d'associations d'aide aux victimes des catastrophes, et comble de provocation, la proposition des 11 000 € de la part de Costa (notre vie valait donc ça pour eux… !). Notre compte a été crédité de 1 020 €, le remboursement du séjour. Nous réfléchissons à nos actions futures.

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