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  • Le Point.fr - Publié le 17/01/2012 à 07:58 - Modifié le 18/01/2012 à 09:11

    Les médias italiens ont diffusé l'échange téléphonique musclé entre les gardes-côtes italiens et le commandant du Costa Concordia, samedi à l'aube. À peine croyable.

    Francesco Schettino, commandant du Concordia.

    Francesco Schettino, commandant du Concordia. © - / AFP

    Par Cyriel Martin

    "Remontez à bord, put... !" L'échange téléphonique musclé entre les gardes-côtes et le capitaine du navire de croisière Concordia est accablant pour le commandant Francesco Schettino, accusé, après une manoeuvre hasardeuse, d'avoir minimisé l'accident puis quitté le navire avant l'évacuation des derniers passagers. Selon la capitainerie, qui date cette dernière conversation de 1 h 46 samedi matin, le commandant, réfugié sur un rocher dès 0 h 30, selon des témoins, ne remontera jamais à bord pour piloter les opérations de sauvetage qui se poursuivront jusqu'à 6 heures du matin, selon les pompiers.

    De son côté, Francesco Schettino continue de nier avoir abandonné le navire. Il "a défendu son rôle dans la direction qu'il a donnée au navire à la suite du choc sur le récif, qui a, à son avis, eu pour résultat de sauver des centaines, sinon des milliers de vies", a même indiqué son avocat, Me Leporatti. Le parquet de Grosseto a demandé à un juge le maintien en détention du commandant, arrêté samedi après la catastrophe et visé par une enquête pour homicide multiple par imprudence, naufrage et abandon de navire, selon le procureur en chef, Francesco Verusio. Mardi soir, Schettino a été assigné à domicile.

    "Manoeuvre brillante"

    Le capitaine du Concordia est accusé d'avoir, lors d'une "manoeuvre maladroite", précipité le paquebot géant sur un récif près de l'île du Giglio. Puis, selon des témoignages et des enregistrements conservés par la capitainerie du port de Livourne dont dépend le Giglio, il aurait cherché à minimiser l'accident et tardé à réclamer des secours. Ensuite, il aurait quitté le navire et aurait été vu sur la terre ferme, bien avant la fin de l'évacuation des passagers. Pour défendre son client, l'avocat du commandant avait déjà vanté sa "lucidité" qui lui avait permis d'effectuer une "manoeuvre brillante" et de faire échouer tout près du rivage le Concordia, "sauvant ainsi la vie de nombreuses personnes".

    Toutefois, selon les enquêteurs, la salle des machines a été inondée en moins de dix minutes après le premier choc avec les rochers, et le paquebot de 300 mètres de long sur 34 de large, devenu ingouvernable, s'est échoué par hasard et par miracle à une cinquantaine de mètres de la côte.

    ÉCOUTEZ la conversation entre Francesco Schettino, commandant du Costa Concordia, et Gregorio De Falco, de la capitainerie de Livourne :


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