• Couverture du commandant

    Le Point.fr - Publié le 19/01/2012 à 15:42 - Modifié le 19/01/2012 à 16:32

     

     

     

     

     

    schettino

    Les enquêteurs veulent savoir si la compagnie Costa n'a pas retardé l'évacuation des passagers afin d'éviter une enquête.

     

     

    Le commandant Francesco Schettino, commandant du Concordia © AFP

    La magistrature de Grosseto tente de faire la lumière sur l'attitude de la hiérarchie de la société Costa durant le naufrage du Concordia. Les officiers présents dans la salle de commande du navire ont révélé qu'entre le moment de l'impact contre les rochers de l'îlot des Scole et l'ordre d'évacuation, le commandant Schettino a eu au moins trois conversations téléphoniques avec Roberto Ferrarini, le "marine operator director" de la compagnie, l'homme responsable de l'unité de crise de toute la flotte Costa. Or 68 minutes se sont écoulées entre l'avarie et le lancement du Mayday, puis le début de l'évacuation.

    Durant ce laps de temps, le Concordia s'est échoué devant le port du Giglio puis lentement couché de 90 degrés sur son flanc droit. Tous les experts sont unanimes pour affirmer que si l'évacuation avait commencé plus tôt, alors que le navire était encore droit, les passagers auraient gagné sans difficulté les chaloupes de sauvetage. Les enquêteurs ont également la certitude que le commandant Schettino a su très tôt la gravité de l'accident, car un des officiers de bord l'avait immédiatement informé de la présence de voies d'eau très importantes dans les cinq compartiments de la salle des moteurs.

    Le coût d'un SOS

    Pourquoi, dans ces conditions, le commandant et l'état-major de Costa, qui étaient en contact, ont-ils attendu aussi longtemps pour faire évacuer le navire ? Pour les enquêteurs, deux hypothèses : soit le commandant a caché à sa hiérarchie la gravité de l'avarie. Soit la compagnie Costa n'ignorait rien de la situation, mais a espéré éviter de lancer un SOS. En effet, les compagnies maritimes rechignent toujours à demander du secours, car elles savent que cela déclenche automatiquement une enquête et un ensemble de contrôles sur toutes leurs unités. Un coût, pour une compagnie comme Costa, qui se monte à des centaines de milliers d'euros.

    La compagnie a également affirmé que le capitaine avait enfreint les règles en prenant l'initiative d'abandonner la route préétablie pour se rapprocher du Giglio afin de "saluer" l'île. Mais sur le site même de la croisière, des photos - supprimées depuis la catastrophe du Giglio - montraient le Concordia, déjà sous les ordres de Francesco Schettino, à quelques dizaines de mètres de l'île de Procida. Et rien, sinon un "salut" à Procida, ne justifiait une telle manoeuvre. La pratique de s'approcher des ports ou de pénétrer dans la lagune de Venise est en réalité une habitude courante destinée à faire de la publicité aux compagnies. "Il est difficile de croire que Costa ne connaissait pas le rituel des saluts", a déclaré Gianni Scerni, président du Rina, le registre naval italien.

    Domnika

    Afin de faire progresser l'enquête, des plongeurs vont utiliser jeudi des charges explosives par dix-huit mètres de fond pour créer une brèche au niveau de la salle de commande. Ils espèrent ainsi récupérer, outre la boîte noire du navire qui est déjà à leur disposition, les disques durs de tous les instruments de bord.

    Mais un nouveau mystère est apparu avec la révélation de la présence le soir du drame d'une jeune femme dans le petit salon réservé au commandant à côté du poste de pilotage. Cette employée de la compagnie, mais qui n'était pas en service sur cette croisière, se nomme Domnika Cernotan. Cette jeune femme de nationalité moldave était bien sur la liste des passagers, contrairement à ce qu'affirmait la presse italienne. Le commandant, dans son interrogatoire, a reconnu avoir passé la soirée avec elle. Reste à savoir dans quelle mesure la présence de Domnika a influencé l'emploi du temps et la concentration du commandant Schettino. Pour obtenir une réponse à cette question, les enquêteurs sont à la recherche de Domnika, en Moldavie.

     

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    « SchettinoPaquebot »

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