Un vendredi 13 qui aura marqué les esprits. Il y a un an, le Costa Concordia sombrait au large de la petite île du Giglio, en Méditerranée, après avoir heurté un rocher. A son bord, 4 229 personnes, pris au piège des eaux. Bilan : 32 morts. Depuis, la compagnie italienne Costa Crociere, propriétaire du navire, s'est relevée.

Après avoir accusé une chute de 35% de ses réservations suite à l'accident, "le redressement s'est effectué plus vite que prévu", se félicite la compagnie, contactée par Metro. Mais le bras de fer n'est pas fini pour autant. Si Costa affirme avoir indemnisé à hauteur de 11 000 euros près de 70% des rescapés à condition qu'ils abandonnent les poursuites, pour les autres, le combat continu.

"Un dédommagement au cas par cas"

La compagnie est toujours empêtrée dans le processus judiciaire en cours. Une petite centaine de victimes a rejoint une class action aux Etats-Unis. D'autres, réunis dans le Collectif des naufragés français du Concordia (qui compte 360 membres), pointent de "graves manquements humains et matériels de la compagnie", selon leur avocat, Me Bertrand Courtois. "Le bateau n'était pas aux normes, il manquait des gilets de sauvetages ou des canots, par exemple", nous soutient-il.

Un rapport d’experts relève également des défaillances de Costa Crociere dans la gestion du naufrage, notamment en sous-évaluant la gravité de l’accident. La compagnie, elle, pointe pour seul responsable le capitaine, licencié depuis, le désormais célèbre Francesco Schettino, qui a abandonné le navire en plein naufrage.

L'étrange courrier de Costa Crociere 

Les victimes du Collectif attendent désormais un "dédommagement au cas par cas". "Nous avons établi des dossiers pour chacune des victimes, assure Me Courtois, qui souligne que le préjudice matériel et psychologique varie énormément d'un passager à l'autre". Un accord devrait être trouvé très bientôt avec Costa. "La compagnie veut stopper la polémique et les victimes veulent tourner la page", assure l'avocat.

Pour les habitants de la petite île de Giglio, en revanche, impossible d'oublier. L'énorme épave gît toujours devant le petit port. C'est ici qu'a eu lieu ce dimanche la cérémonie d'hommages aux victimes du naufrage. Ultime écart de la compagnie ? Costa a envoyé un courrier aux rescapés pour leur déconseiller de venir, ce moment étant "dédié aux familles" des disparus, et les enjoignait à se rendre aux hommages dans leurs pays respectifs, moyennant 100 euros. Un geste vivement critiqué par le Collectif des naufragés français pour qui, encore une fois, "Costa achète le silence". Un an après le naufrage, la croisière ne s'amuse plus du tout.