• Mer et marine 9.2.2012

    Les contrecoups du Costa Concordia sur l'industrie de la croisière

    Le naufrage du Costa Concordia le 13 janvier, sur l'île italienne du Giglio, n'est pas sans conséquence sur l'industrie de la croisière, au-delà de son armateur, évidemment touché. En France, les différents acteurs affirment, pour la plupart, ne pas avoir subi de vague d'annulation et connaissent des taux de réservation normaux.

    « Nous n'avons pas constaté de baisse. Les gens font la part des choses et ont compris que cet accident tenait vraiment de l'évènement ultra-exceptionnel », assure l'un d'eux. En revanche, l'image du grand navire de Costa Croisières à moitié immergé au bord du Giglio a, semble-t-il, beaucoup plus marqué les esprits dans d'autres pays, notamment aux Etats-Unis et apparemment en Allemagne.

    Dans certaines régions, les baisses de réservation atteindraient 10 à 15%. Les compagnies espèrent que ce phénomène ne sera que passager et qu'au fil des semaines, les ventes de croisières reprendront leur rythme normal. On notera d'ailleurs que la baisse des réservations ne tient pas forcément à un manque de confiance des clients.

    Elle est peut-être paussi imputable à une baisse de l'activité marketing. Suite à la catastrophe, la plupart des campagnes publicitaires ont en effet cessé, réduisant la visibilité sur certains marchés. Le retour des actions commerciales, notamment auprès du grand public, devrait être progressif, la période demeurant évidemment complexe à gérer en termes de communication.

    La bourse, les banques et les assurances

    Sur le plan financier, le naufrage du Concordia aura évidemment des conséquences sur Costa mais aussi sa maison-mère, le groupe américain Carnival Corporation, leader mondial de la croisière. Pour l'heure, Carnival, coté à la bourse de New York, s'en sort plutôt bien, le titre ayant retrouvé un niveau proche de celui d'il y a un mois (31.79 dollars hier soir contre 32.91 dollars à la clôture le 7 janvier).

    L'autre grand croisiériste en bourse, Royal Caribbean Cruises, numéro 2 du secteur, a quant à lui vu son titre, après une baisse suite à l'accident, progresser depuis un mois. Les marchés financiers semblent donc plutôt rassurés, pour le moment, par les perspectives des deux géants de la croisière. Mais cela ne présage évidemment pas des réactions potentielles suivant la tournure des actions en justice lancées aux Etats-Unis après la perte du Concordia, qui a fait une trentaine de victimes, dont des Américains. Ni de la suite des opérations concernant l'épave du Concordia.


    L'une des grandes interrogations du moment sera, par ailleurs, de voir quelle sera le comportement des banques quant au financement des nouveaux navires. Avec en arrière plan le carnet de commandes des chantiers.

    Les investisseurs ont, en effet, brutalement pris conscience qu'un paquebot pouvait couler et les constructeurs, comme les compagnies, vont devoir le convaincre que les risques sont infimes pour que cela se reproduise. La confirmation ou non de certaines commandes, comme celle du second paquebot du projet Sunshine de Royal Caribbean International, dont l'option doit être affermie d'ici la fin du mois, pourrait être révélatrice de la tendance actuelle dans le milieu bancaire.

    Des questions se posent enfin au niveau des assureurs maritimes, à savoir si les primes seront relevées après le naufrage du Giglio, qui pourrait coûter une fortune à l'assureur de Costa. Le Concordia était en effet un navire très récent, puisque mis en service en 2006, avec une valeur neuve d'environ 500 millions d'euros.

    Et en matière de coûts, il faudra aussi ajouter la prise en charge du pompage des soutes et du traitement de l'épave, sans compter bien sûr d'éventuelles condamnations dans le cadre des procédures judiciaires.


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