• Enquête 22.01.2012

     Naufrage du Costa Concordia : le bilan porté à 15 morts

    Naufrage du Costa Concordia : le bilan porté à 15 morts

    Créé le 23-01-2012 à 07h27 - Mis à jour à 16h54     

    Les corps de deux nouvelles victimes ont été découverts dans l'épave du navire.

    L'épave du Costa Concordia dimanche 22 janvier (SIPA/ AP/ Pier Paolo Cito)

    L'épave du Costa Concordia dimanche 22 janvier (SIPA/ AP/ Pier Paolo Cito)

    Deux nouveaux corps des victimes du naufrage du paquebot Concordia ont été retrouvés dans l'épave du navire, a annoncé lundi 23 janvier le commissaire du gouvernement en charge de la catastrophe, Franco Gabrielli.

    "Nous avons retrouvé les corps de deux femmes sur le pont numéro 4, près de l'internet café. Ceci porte le bilan sûr des victimes à 15. Les familles des deux dernières ont été déjà prévenues", a précisé Franco Gabrielli au cours d'une conférence de presse sur l'île italienne du Giglio, où le Concordia a fait naufrage il y a dix jours.

    Dimanche, les autorités italiennes avaient revu à 13 morts le bilan du naufrage. Le corps d'une femme "endossant un gilet de sauvetage" a été trouvé dans l'après-midi dans la partie submergée du navire de croisière, à 10 mètres de profondeur. La veille, l'exploration sous-marine du Concordia avait déjà permis de repêcher par près de 20 mètres de fond la dépouille d'une autre femme.

    La liste des disparus pourrait s'allonger si la présence de passagers non enregistrés, dont une Hongroise réclamée par sa famille, était confirmée.

    Des passagers non enregistrés ?

    Le commissaire spécial en charge de la catastrophe, Franco Gabrielli a évoqué dimanche la possibilité que des passagers n'aient pas été enregistrés, citant le cas de la Hongroise et ajoutant que le corps trouvé samedi pourrait être le sien.

    "La famille dit qu'elle se trouvait à bord avec un membre d'équipage et qu'elle a appelé quand elle était sur le bateau", a-t-il indiqué, estimant que dès que les autorités hongroises auront confirmé, il faudra l'ajouter à la vingtaine de personnes disparues.

    Pour Franco Gabrielli, "ce cas est emblématique" et s'il s'avérait que cette femme se trouvait vraiment sur le navire sans avoir été déclarée, "il pourrait y avoir en théorie un nombre X de personnes qui se seraient trouvées sur le navire et ne seraient pas réclamées parce qu'elles étaient clandestines".

    Selon Francesca Maffini, porte-parole de la protection civile italienne dont Franco Gabrielli est le chef, "des passagers ont pu être invités à bord à la dernière minute par un membre d'équipage".

    "Impossible que des clandestins se soient trouvés à bord"

    Effectuant une croisière en Méditerranée, le Concordia a heurté violemment un rocher deux heures et demie seulement après son départ vendredi dernier de Civitavecchia, près de Rome, à l'heure du dîner pour une bonne partie des 3.200 passagers et du millier de membres d'équipage.

    Pour le commissaire de bord du Concordia Manrico Giampedroni rescapé du naufrage, il est complètement "impossible que des clandestins ou des personnes non enregistrées se soient trouvées à bord" car "tout est électronique. Costa (propriétaire du Concordia, ndlr) est une société sérieuse".

    Sur les 13 corps retrouvés, 8 seulement ont été identifiés (4 Français, un Italien, un Espagnol, un Allemand, un Hongrois) alors que manquent encore à l'appel une dizaine d'Allemands, un jeune couple français, deux retraités américains, une fillette italienne, une serveuse péruvienne et un Indien.

    Leurs familles angoissées ont participé à une messe dans la petite église du Giglio. "C'est un moment d'espoir, de confiance et de foi", a estimé le père Lorenzo Pasquotti qui, la nuit du drame, a accueilli des centaines de naufragés.

    Quelles responsabilités pour le capitaine ?

    Les sauveteurs ont élaboré une carte pour localiser les disparus afin de mieux cibler les recherches dans l'épave, très lentes à cause de la taille gigantesque du navire, un palace flottant de 17 ponts, long comme trois stades de football et haut comme un immeuble de 20 étages.

    Entre-temps, l'enquête se poursuivait pour déterminer les responsabilités exactes du capitaine du navire, Francesco Schettino, dans l'accident.

    Ce dernier a reconnu avoir fait une "bêtise" en passant trop près des côtes et heurté un rocher situé à environ 300 mètres de la côte. Il a toutefois affirmé que ce "salut" à l'île du Giglio était une pratique routinière voire recommandée pour "faire de la publicité" à Costa Crociere.

    Toutes les affirmations de Francesco Schettino sont contredites par Costa Crociere qui s'est ouvertement dissociée de sa conduite la nuit du drame et l'a mis à pied.

    Le capitaine, assigné à résidence depuis mardi dernier et mis en cause pour homicides multiples par imprudence, naufrage et abandon de navire, affirme avoir averti la compagnie un quart d'heure après le naufrage. Il nie en outre avoir abandonné de son plein gré le navire pendant l'évacuation, affirmant être tombé dans une chaloupe.

    Selon ses déclarations au parquet, les canots de sauvetage étaient très difficiles à manoeuvrer et "c'est possible qu'ils aient frappé à la tête certaines personnes".

    Pour éclaircir le rôle du capitaine, les carabiniers espèrent pouvoir utiliser les images des caméras de sécurité filmées sur la passerelle de commandement contenues dans un disque dur récupéré samedi.

    A-t-il réalisé "une manoeuvre brillante" après le choc ?

    Les enquêteurs veulent notamment vérifier si le capitaine a, comme il l'affirme, effectué "une manoeuvre brillante" après la collision pour faire échouer le paquebot là où il se trouve, à une trentaine de mètres du rivage, sauvant "des milliers de vies".

    Costa qui a dit contribuer activement à l'enquête fait l'objet de multiples plaintes et demandes de dédommagement de passagers.

    Environ 400 salariés du groupe ont manifesté dimanche à Gênes, le port où cette compagnie d'armateurs fondée il y a plus de 60 ans, a son siège, pour exprimer "leur proximité avec les passagers" et "leur fierté d'appartenir" à ce groupe.

    Le Nouvel Observateur avec AFPPar Le Nouvel Observateur avec AFP

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