• La justice se penche sur le naufrage du concordia

    La justice se penche sur le naufrage du concordia

     

    Costa concordia à Gliglio

    Costa Concordia: début de la première audience technique sur le naufrage du paquebot
    Le tribunal de Grosseto (Toscane, centre) a commencé lundi ses audiences techniques, en présence du commandant du Costa Concordia, pour établir les responsabilités dans le naufrage du paquebot, qui avait fait 32 morts en janvier 2012.

    Costa Concordia: début de la première audience technique sur le naufrage du paquebot

    Présenté comme « l’homme le plus détesté d’Italie » par un journal italien, baptisé « Capitaine Couard » par les tabloïdes britanniques, Francesco Schettino, assigné à résidence dans sa ville de Meta di Sorrento, au sud de Naples, est arrivé discrètement en voiture vers 06H40 GMT.

    Vêtu d’un costume sombre, il est entré par une porte à l’arrière du Théâtre Moderne de Grosseto, réquisitionné pour accueillir les centaines d’experts, avocats, rescapés et familles des victimes qui doivent participer à ces audiences à huis clos.

    Le capitaine Schettino est mis en cause, ainsi que six autres membres de l’équipage, et trois dirigeants de la compagnie Costa Crociere, propriétaire du paquebot, pour homicides par imprudence et naufrage. Il est également soupçonné d’avoir abandonné son navire avant la fin de l’évacuation.

    Licencié en juillet par la compagnie, il a porté plainte contre Costa Crociere et demande sa réintégration.

    Le tribunal doit décider de l’ouverture éventuelle d’un procès pénal sur la tragédie.

    Toute la semaine, magistrats, avocats et experts vont examiner les analyses techniques, un millier de pages et sept DVD, des boîtes noires du paquebot, déposées il y a un mois par un groupe de spécialistes nommés par le tribunal.

    Dès 06H30 GMT, des employés du tribunal sont entrés avec une dizaine de grosses caisses contenant des documents. Trois écrans géants serviront à des projections de vidéos.

    La zone a été bouclée: policiers et carabiniers stationnent aux abords du théâtre de la ville toscane, ainsi que dans les rues avoisinantes.

    Une foule de journalistes faisait le pied de grue, et une douzaine de camionnettes de télévision étaient stationnées aux abords.

    Regarder le capitaine « dans les yeux »

    Michael Lissem, 50 ans, et sa femme Angelika, tous deux Allemands, étaient à bord du navire, la nuit de la tragédie: « Nous sommes venus voir Schettino, nous voulons le regarder dans les yeux et voir comment il réagit aux accusations. Je ne sais pas si on peut avoir confiance dans le système judiciaire italien, mais je l’espère », a confié Michael Lissem à l’AFP, à son arrivée devant le théâtre.

    Schettino est mis en cause, ainsi que six autres membres de l’équipage, et trois dirigeants de la compagnie Costa Crociere, propriétaire du paquebot, pour homicides par imprudence et naufrage.

    Le Costa Concordia pesant 114.500 tonnes s’était échoué sur des rochers à quelques dizaines de mètres de l’île du Giglio durant la nuit du 13 janvier avec à son bord 4.229 personnes, dont 3.200 touristes.

    Les enquêteurs cherchent à savoir pourquoi le paquebot voguait si près de l’île à grande vitesse pour une parade tous feux allumés dite de « salut » (« inchino ») et pourquoi la procédure d’évacuation n’a été entamée qu’une heure après la collision, alors que le navire penchait déjà dangereusement.

    De nombreuses procédures judiciaires ont été entamées contre la compagnie dans plusieurs pays. Des collectifs de naufragés se sont créés et des plaintes ont ainsi été déposées en Italie, en France et aux Etats-Unis.

    Aux Etats-Unis, 39 passagers réclament à Carnival, la maison-mère de Costa Crociere, 520 millions de dollars de dommages et intérêts.

    Quant à l’épave du paquebot, elle git toujours sur le flanc tout près du port de l’île du Giglio. Selon le projet d’enlèvement lancé le 15 mai, et en tenant compte des conditions météo, elle devrait être retirée au printemps 2013.

     

    Une opération complexe et sans précédent en raison de la taille du bateau: le groupe Costa Crociere devra d’abord le redresser avant de le remorquer dans un port où il sera ensuite démantelé.


     

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