• Les héros

    le 18/01/2012 à 14:52

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    Les héros du costa-concordia

    Gregorio de Falco © Giacomo Aprili / AP / Sipa / AFP

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    L'Italie a honte de l'attitude scandaleuse du capitaine du navire, mais se console grâce aux figures héroïques qui se sont révélées dans la tragédie.

    La décision de permettre au commandant du Concordia, Francesco Schettino, de rentrer chez lui en ne lui imposant qu'une simple assignation à résidence provoque de vives polémiques en Italie.

    Car au cours de son interrogatoire, Schettino s'est enferré dans des explications qui n'ont pas convaincu grand monde. Ainsi, s'il a reconnu sa responsabilité pour avoir conduit le paquebot sur les rochers, le commandant a maintenu qu'en jetant les ancres, il avait volontairement fait virer le navire pour le diriger vers la rive, sauvant ainsi de nombreuses vies humaines.

    Or un film réalisé par un hélicoptère des gardes-côtes démontre que les ancres n'ont été jetées qu'après l'échouement du Concordia. En outre, le même film démontre qu'à 22 h 35, le paquebot était déjà échoué mais pas encore incliné. Si l'ordre d'évacuer avait été donné à ce moment-là, toutes les chaloupes auraient été utilisables par les passagers. "Tout le monde serait descendu dans le calme sans se mouiller un seul orteil", a déclaré un enquêteur.

    Mais c'est en s'expliquant sur son abandon du Concordia alors que des centaines de croisiéristes étaient encore à bord que Francesco Schettino a donné le meilleur de lui-même. "J'aidais des passagers à monter sur une chaloupe et, comme le bateau était incliné, je suis tombé dedans. Le système de mise à l'eau, qui était bloqué, s'est alors déclenché tout seul et je me suis trouvé à la mer." C'est ballot, pourrait-on dire !

    "Vada a bordo, Cazzo !"

    D'autant que des millions d'Italiens ont entendu l'hallucinante conversation entre Schettino et l'officier du port de Livourne, Gregorio de Falco, qui sommait, en vain, le commandant déserteur de retourner à son poste. Francesco Schettino est devenu au regard de l'opinion publique italienne le symbole des pires défauts imputés a priori aux Italiens : inconscience, incompétence, lâcheté et vantardise. Même les Nations unies ont demandé une enquête sur le naufrage. Bref, le sentiment prévaut que la tragédie du Concordia a davantage abîmé l'image de la péninsule dans le monde que la double dégradation de la note italienne par l'agence Moody's !

    Heureusement, pour réparer l'ego blessé des Italiens, le piètre capitaine a trouvé dans le commandant Gregorio de Falco son double positif. Son autorité, son indignation devant l'abandon de poste de Schettino, ce juron ("cazzo !") qui tranche avec son langage dépouillé de militaire et sa lucidité au coeur de la catastrophe : tout dans son attitude renvoie aux valeurs et aux compétences qu'on attend d'un officier de marine. La conversation entre les deux hommes a été entendue plusieurs millions de fois sur le Web. Dès hier était en vente pour 12 euros un tee-shirt où s'étalait "Vada a bordo, cazzo !" (Remonte à bord, bordel !), ce cri du coeur de De Falco tentant de laver la honte de l'abandon du navire par son commandant.

    Lueurs

    Dans le sillage de Gregorio de Falco, d'autres héros se sont révélés dans la tragédie. Celui du commissaire de bord, Manrico Giampedroni, qui a prêté main forte aux passagers sans relâche, jusqu'à ce qu'il se casse une jambe. Entraîné dans un salon inondé par les flots qui envahissaient le navire, il fut le dernier survivant retrouvé par les secouristes 36 heures après le naufrage. Mais il y a également les anonymes, comme ces hommes qui sont descendus depuis un hélicoptère en pleine nuit à bord du Concordia, ou les plongeurs-spéléologues qui ont cherché des survivants en sachant qu'à tout moment le navire pouvait couler à pic et les entraîner dans les abysses : autant de lueurs sur l'une des pages les plus sombres de la marine italienne.

     

    Dominique Dunglas

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