• La famille dans la salle à dîner du Costa Concordia, en compagnie 
du garçon de table Basheer Ahmed. La femme enceinte de ce dernier 
l’attendait en Inde d’ici les sept prochains mois, mais a-t-il survécu 
au naufrage? De gauche à droite: Michel Ladouceur, sa conjointe 
Andréanne Guilmette, Jacques Ladouceur, M. Ahmed, Korine Ladouceur et 
Hélène Pratte.(Photo: gracieuseté)

    Abitibi Express le 25.01.2012

    La famille dans la salle à dîner du Costa Concordia, en compagnie du garçon de table Basheer Ahmed. La femme enceinte de ce dernier l’attendait en Inde d’ici les sept prochains mois, mais a-t-il survécu au naufrage? De gauche à droite: Michel...

    Jacques Ladouceur et sa famille ont quitté le Costa Concordia quelques jours avant le naufrage

    Une bonne étoile plane sur le Valdorien Jacques Ladouceur et sa famille. En quittant la croisière du Costa Concordia, le lundi 9 janvier, ils ne se doutaient pas que, 96 heures plus tard, un naufrage ferait au moins 15 morts et une vingtaine de disparus, en date d’aujourd’hui.

    Sujets :
    Île du Giglio , Toscane

    Le bateau italien gît encore au large de l’Île du Giglio, en Toscane. Plus de 4000 personnes se trouvaient à bord, passagers et membres d’équipage inclus.

    «Je suis estomaqué et bouleversé par cette nouvelle, d’autant plus que nous avions le même capitaine (Francesco Schettino, incarcéré après le naufrage). On ne s’imagine pas qu’une telle chose puisse arriver dans un si gigantesque bateau. On s’y sent à l’épreuve de tout et à l’abri», raconte M. Ladouceur.

    De l’empathie

    Ce dernier se sent surtout très empathique envers les personnes impliquées dans le drame, gens qu’il a côtoyés dans certains cas.

    «Habituellement, durant la croisière, les mêmes passagers demeurent dans le bateau. Mais dans celle-ci, à chaque ville que nous arrêtions, des passagers débarquaient et de nouveaux embarquaient. Environ 80 pour cent des naufragés étaient donc avec moi», estime le voyageur.

    Il lui revient donc en mémoire plein de souvenirs de son voyage. «Je revois la petite fille de 5 ans, blonde. Elle courait et souriait. Je sais qu’une fillette est décédée avec son père. Je me demande si c’est elle..., s’inquiète Jacques Ladouceur. Je pense aussi au serveur, puis au garçon de l’entretien ménager de notre chambre, si souriant…»

    Sécuritaire, ce bateau?

    Après les événements, Jacques Ladouceur se dit frappé par le manque de sécurité sur ce bateau de croisière.

    «J’ai effectué deux croisières avant celle-ci, avec une compagnie différente. On devait obligatoirement faire un exercice de sécurité. On avait un bracelet que l’on devait remettre, pour s’assurer de notre participation. On enfilait les vestes de sauvetage et on connaissait la chaloupe qui nous était attribuée en cas de naufrage, se remémore-t-il. Mais sur le Costa Concordia, rien de comparable.»

    En effet, les passagers ont seulement pris part à une séance d’information via une présentation vidéo. «Mon épouse (Hélène Pratte) est allée à celle de 17h, et moi, j’avais prévu me présenter à 18h, pour celle en anglais. Mais le responsable francophone m’a dit: votre épouse y est allée, alors pas besoin d’y retourner. J’ai trouvé cela peu étoffé et simpliste», relate Jacques Ladouceur.

    «Je revois la petite fille de 5 ans, blonde. Elle courait et souriait. Je sais qu’une fillette est décédée avec son père. Je me demande si c’est elle…» - - Jacques Ladouceur

    Où se trouve le capitaine?

    De plus, pour certains nouveaux passagers dans l’impossibilité de se présenter aux rencontres, disponibles sur des heures précises seulement, impossible de connaître les règles de sécurité.

    «Ce n’est donc pas étonnant que, lors du naufrage, plusieurs personnes se soient trouvées prises au dépourvu. Quand tu ne sais pas quelle chaloupe emprunter, ni où aller, et surtout, quand même le capitaine se sauve, ce n’est pas fort», dénonce M. Ladouceur.

    Poursuivre les voyages

    Malgré ce drame auquel il a échappé, Jacques Ladouceur ne craint pas de reprendre un bateau de croisière dans le futur.

    «Les compagnies vont certainement resserrer les mesures de sécurité. Par contre, on ne pourra plus jamais emprunter le Costa Concordia, qui coulera au fond de l’eau. Je conserve ma carte magnétique de ce bateau. Il s’agit presque d’une pièce de collection maintenant», philosophe M. Ladouceur.

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    Des Malouins en croisière à bord du Concordia

    jeudi 26 janvier 2012
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    <script src="http://s7.addthis.com/js/250/addthis_widget.js#pubid=xa-4ec268b772d3ee2a" type="text/javascript"> </script> Trois couples malouins ont voyagé sur le Costa Concordia, six semaines avant la catastrophe. Choqués à l'annonce du naufrage, ils se remémorent leur croisière et pensent aux victimes.
     
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    Voilà douze jours que le bateau de croisière Costa Concordia a fait naufrage près de l'île italienne de Gilglio. Une catastrophe qui a fait seize morts, dont quatre Français identifiés. Seize personnes sont toujours portées disparues, mais les recherches pour retrouver d'éventuels survivants sont interrompues. Les secours s'emploient désormais à éviter toute pollution avant de trouver une solution pour démanteler l'énorme carcasse.

    Trois couples

    Les images qui défilent chaque jour à la télévision ont de quoi impressionner trois couples de Malouins. Ils étaient sur le Costa Concordia, avec le même commandant, six semaines avant le drame. « On ne peut pas s'empêcher de se mettre à la place des victimes », témoignent tout en pudeur Nathalie et Christophe Detrois, les restaurateurs du Tourne-Pierre, une crêperie de l'intra-muros.

    Ils se sont offert une croisière à bord du paquebot début décembre. Un joli cadeau pour ce couple qui tenait à fêter ses dix-huit ans de mariage. Avec des amis, Clara et Philippe Garnier, qui tiennent la boutique Aux délices malouins, les restaurateurs ont voulu s'offrir un périple exceptionnel. Ils étaient à bord avec un autre couple de commerçants, eux aussi de Saint-Malo.

    Christophe Detrois n'était pourtant pas « un fan de ce genre de voyage, mais comme il le dit, nous n'avions jamais fait de croisière avant, et l'offre était intéressante ». Le souvenir d'une croisière idyllique, qui va virer au cauchemar quelques semaines après leur retour. Quand il allume la télévision, le samedi 14 janvier, Christophe interpelle aussitôt sa femme : « Nathalie notre bateau ! »

    « C'est scandaleux ! »

    Depuis lors, les souvenirs de la croisière ne cessent de se bousculer dans leurs têtes. Leurs premières pensées vont aux victimes : « Des personnes sont mortes alors qu'elles voulaient juste passer un moment agréable en famille ou entre amis, et tout ça à cause d'un seul homme ! C'est scandaleux », s'indigne le jeune restaurateur.

    Le commandant du paquebot, Christophe et son épouse, l'ont croisé à bord lors de leur croisière. « Il avait tout d'un Italien charmeur, avec ses cheveux gominés, mais il n'était pas très proche des passagers. On ne le voyait pas souvent. » Pour autant, rien ne laissait présager un tel drame. « Il ne traînait pas au bar, c'était plutôt rassurant. »

    Encore aujourd'hui, les images les sonnent. La salle de musique « et son violoniste qui a perdu la vie », le « pont numéro 3 avec ses ascenseurs verts, immergé ». Un sentiment de gâchis les envahit quand ils évoquent la majestueuse silhouette du Costa Concordia. Ils étaient « impressionnés par la taille du bateau » et le pensaient « insubmersible ». Comme un Titanic moderne.

    « On se sentait en sécurité »

    Long de 290 mètres et large de 38 mètres, le Costa Concordia peut accueillir jusqu'à 3 780 passagers et un millier de membres d'équipage. Une course au gigantisme aujourd'hui remise en cause. Mais qu'en était-il de la sécurité à bord ? Le couple malouin avoue avoir pris les démonstrations de sécurité « à la rigolade ». Comme celles à bord d'un avion, où l'hôtesse de l'air est souvent imitée, pas vraiment écoutée.

    Dans la cabine, pendant les premières 24 heures, un film passait en boucle pour illustrer la procédure à suivre en cas d'évacuation. « Nous avons assisté à une réunion au lieu de la démonstration faite avec les membres d'équipage. Et le film décrivait les différents points de ralliement au cas où il arriverait quelque chose », explique Nathalie Detrois.

    Nathalie et Christophe insistent : « On se sentait en sécurité. On se sentait invincible sur un bateau de cette taille. » D'ailleurs, ils sont prêts à refaire une croisière si l'occasion se présentait. Sans jamais oublier les victimes de la catastrophe.

     

    Locky MOKBEL


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