• 07/03/2012 05:38 lanouvellerepublique.fr

    Sylvie BathuelLes naufragés tourangeaux du Costa Concordia ont décidé de ne pas porter plainte. Mais ils ont suivi néanmoins les derniers développements judiciaires.

    Les victimes tourangelles du naufrage, dont Sylvie Bathuel, ont décidé d'accepter l'indemnisation de la compagnie Costa, sans déposer plainte.

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    Des centaines de rescapés du naufrage du Costa Concordia ont manifesté samedi dernier à Grosseto (Italie) où se tenait l'audience préliminaire, premier volet judiciaire de l'affaire. Alors que le naufrage est encore bien présent dans leur mémoire, les naufragés tourangeaux de la croisière - trois couples originaires d'Indre-et-Loire se trouvaient sur le navire - ont choisi pour leur part d'accepter l'indemnisation proposée par la compagnie et donc, de renoncer aux poursuites judiciaires.

    « Nous avons encore quelques semaines pour changer d'avis, explique Maurice Paulet, retraité à Neuillé-le-Lierre, qui effectuait cette croisière avec son épouse. Nous pensons que nous nous en sortons bien. Sur le plan moral, rien ne pourra réparer le traumatisme. Ce que nous avons vécu, je ne le souhaite à personne. Mais cela ne sert à rien de porter plainte. »

    "  Un manque de formation "

    Les patrons de la brasserie du Palais, à Tours, Sylvie et Cyrille Bathuel, ont eux aussi opté pour le règlement à l'amiable. La compagnie a offert 11.000 € à ses clients naufragés en guise d'indemnisation.
    Bien que les trois couples aient donc décidé de ne pas porter plainte, le déroulement de l'enquête continue à les intéresser. D'ailleurs, leur témoignage sera recueilli très prochainement par des enquêteurs chargés spécialement de les entendre.
    « Il semble évident qu'il y a eu une erreur humaine, estime Maurice Paulet. Le commandant devrait logiquement être condamné car il a manifestement abandonné le navire avant la fin de l'évacuation. La panique qui régnait au sein du personnel montre qu'il y a un manque de formation. Les passagers n'étaient pas informés de ce qui se passait, on aurait dû évacuer de façon beaucoup plus organisée. Si on nous avait dit que nous étions près de côtes, nous aurions été plus rassurés ».
    De son côté, Sylvie Bathuel pointe aussi du doigt la responsabilité du commandant. « C'est lui qui a approché le bateau des cotes, commente-t-elle. Il n'avait pas à le faire. Après, le personnel n'avait pas de directives pour procéder à l'évacuation. C'était le chaos ».
    Mais pour autant, le commandant du navire doit-il porter seul la responsabilité du naufrage ? « Il faudra quand même éclaircir la question de la responsabilité de la compagnie Costa, ajoute Maurice Paulet. Elle aurait sans doute dû offrir à son personnel une formation beaucoup plus adaptée ».
    Au terme de l'audience préliminaire de samedi, neuf employés de la compagnie Costa sont poursuivis dans le cadre de l'enquête pour homicide involontaire par imprudence. Le commandant est quant à lui poursuivi pour avoir abandonné le navire alors que l'évacuation était en cours. Il pourrait aussi l'être pour destruction de l'environnement. Mais la responsabilité pénale de la compagnie elle-même n'a pas été engagée pour le moment.

    Caroline Devos

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