• Costa Concordia : un avocat français de victimes... par Nouvelobs le 17 janvier 2012 L'avocat français de rescapés du naufrage du navire Costa Concordia a annoncé mardi 17 janvier le dépôt d'une plainte contre le groupe italien Costa Croisières, propriétaire du paquebot échoué, pour non assistance à personne en danger et mise en danger de la vie d'autrui.


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  • Panique à bord, un témoin raconte


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  • La dépêche.fr le 17.01.2012

    « Là, je me suis dit qu'on allait mourir »

    les rescapés agenais du « Costa Concordia » racontent

    C'est
 dans ce type de canot orange que Hervé (à gauche) et Eric ont été 
évacués du « Costa Concordia». / Photos Morad Cherchari et AFP
    C'est dans ce type de canot orange que Hervé (à gauche) et Eric 
ont été évacués du « Costa Concordia». / Photos Morad Cherchari et AFP
    C'est dans ce type de canot orange que Hervé (à gauche) et Eric ont été évacués du « Costa Concordia». / Photos Morad Cherchari et AFP
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    Ils sont lessivés, encore abasourdis ; ils ont tout perdu au large de l'Italie, mais pas la vie : « ils », ce sont Eric Labertrandie (43 ans) et Hervé Chauvat (29 ans). Deux Agenais bien connus chez nous - le premier est le patron du restaurant « La Licorne », à Roquefort, et le second son chef de salle - qui sont rescapés du paquebot « Costa Concordia », échoué vendredi sur un récif de l'île de Giglio, au large de l'Italie. La catastrophe a fait le tour du monde, et les deux hommes étaient hier enfin de retour à Agen. Voici leur récit, il est incroyable.

    Chat noir à Rome

    « On s'en souviendra de ce vendredi 13, lâchent les deux amis. Nous avions commencé la croisière le 7 janvier, et nous avions visité Rome le matin. » « Je m'en souviendrai toujours, ajoute Eric. Sur la route du Colisée, on a vu un chat noir, j'ai même voulu le prendre en photo… »

    Ce vendredi au chat noir, ils reviennent à 17 h 30 à bord du paquebot de croisière, qui quitte ensuite la ville éternelle. Direction Savone, et à 21 h les deux Agenais sont tranquillement assis dans l'immense salle de restaurant. Une demi-heure plus tard, « on entend un bruit sourd. Puis, un choc, comme si on freinait. Tout tombe des tables, les plateaux des serveurs sont renversés, un fracas incroyable provient des cuisines avec les assiettes qui s'effondrent. Pendant une minute, les gens rigolent. On interroge un serveur : « ça arrive souvent ce genre de surprise ? » « Oui, oui, ne vous inquiétez pas… ».

    Où est passé le commandant ?

    La lumière se coupe, revient, et les serveurs mettent alors leurs gilets jaune fluo… « Une demi-heure passe encore, ajoutent les rescapés, puis une voix dans le haut-parleur nous dit qu'il s'agit d'un petit problème mécanique… Nous ne sommes pas rassurés et à 22 h, nous deux on décide de rejoindre nos cabines pour attraper nos gilets de sauvetage ». Une initiative personnelle, car le commandant est aux abonnés absents… Ils ne le verront jamais.

    Le bateau prend du gîte, ils montent les ponts, prennent leurs fameux gilets (et rien d'autre) et rejoignent le troisième pont, où une foule immense s'entasse. Elle attend de pouvoir monter dans les canots de survie mais est retenue par des personnels de Costa Croisières.

    « Les enfants pleuraient, il y avait des malaises, encore des cris, surtout de ceux qui n'avaient pas de gilets. Des cris dans toutes les langues, je n'oublierai jamais. Aucun officier sur place, que des serveurs et des cuisiniers qui tentaient de sortir les canots. C'était très difficile car le bateau se couchait progressivement, dans le sens opposé. Ils repoussaient les canots du bord du paquebot avec des rames… »

    Ils sont des dizaines à s'entasser dans les chaloupes. Beaucoup trop. Têtes bêches, les uns sur les autres, ils ont pris des risques énormes pour rejoindre cette planche de salut, enjambant un vide énorme.

    Terreur dans les chaloupes

    Vaille que vaille, les chaloupes sont descendues. Les passagers sont terrorisés. « Là, je me suis dit qu'on allait mourir », avoue Hervé Chauvat.

    La chaloupe est finalement à flots. La centaine de passagers ne voit rien : ils sont coincés, apeurés, il fait nuit noire et des bâches couvrent de surcroît l'embarcation. « Si ce n'était pas dramatique, on se serait cru dans un film, explique Eric Labertrandie. Avec le stress, le froid, la fatigue, mon diabète est remonté d'un coup. Je tournais de l'œil ».

    « C'était surréaliste, ajoute son ami Hervé. Dans la chaloupe, il y avait des gens qui pleuraient, d'autres qui continuaient à photographier, comme s'il s'agissait de souvenirs de vacances… Heureusement, les serveurs, qui étaient aux commandes de la chaloupe, géraient très bien la situation ». Oui, aucun matelot ni officier : les serveurs ont pris les choses en main…

    Au bout d'une quinzaine de minutes, les naufragés abordent l'île de Giglio. « Et là, personne de la compagnie Costa. Chacun est parti de son côté. C'était du chacun pour soi. Nous sommes des centaines, puis encore des centaines, et finalement des milliers sur cette petite île. »

    Un bout de terre plein à craquer. Il fait nuit, toujours plus froid, et c'est une cohue incroyable. Au loin, une masse sur l'eau : le bateau de croisière, celui qui leur promettait des vacances de rêve, est couché sur le flanc. Un mauvais remake du Titanic. « A un moment, j'ai vu passer un brancard, ajoute Hervé. C'était le premier mort… »

    Mais les deux Agenais ne sont pas au bout de leur peine : ils seront encore livrés à eux-mêmes toute la nuit, puis le lendemain, sans assistance, dans le dénuement le plus complet, avant d'être évacués vers le continent, puis vers la France.

    « Nous sommes crevés, nous n'avons plus rien, tout est resté à bord. Et demain

    [NDLR : aujourd'hui mardi] on doit rouvrir le restaurant à Roquefort, explique son patron, Eric Labertrandie. Je ne sais pas comment on va faire… » Mais les amis sont soudés : la mort n'a pas voulu d'eux. Chat noir ou pas, ces deux-là ne sombreront pas.


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  • La musique de «Titanic» passait quand le bateau s'est échoué

    Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 16.01.2012 http://www.tdg.ch

    Ironie du sort, le restaurant du Costa Concordia diffusait «My heart will go on» de Céline Dion au moment où le navire s'est échoué. Pour les rescapés suisses, les opérations de sauvetage à bord ont été «une catastrophe».

    «Les images du film Titanic sont plus réalistes qu'on ne l'imagine. Elles me venaient sans arrêt en tête», raconte Yannick Sgaga, un rescapé suisse du naufrage du Costa Concordia.

    Les circonstances, il est vrai, l'avaient immédiatement replongé dans l'ambiance: le restaurant dans lequel il se trouvait avec son frère Kevin diffusait la bande-son du film de James Cameron lorsque le navire s'est échoué.

    «Démonstration d'incompétence»

    Là s'arrêtent les comparaisons avec le naufrage du «Titanic», la nuit du 14 au 15 avril 1912. Car pour le reste, «l'évacuation a été une catastrophe dans la catastrophe», tonne Georg Linsi. «Jamais dans ma vie je n'avais vu pareille démonstration d'incompétence, d'inconscience et d'irresponsabilité», explique cet autre rescapé suisse.

    «Lorsque le bateau a commencé à pencher à gauche, nous avons grimpé sur le flanc droit. A part un jeune matelot, nous n'avons trouvé aucun membre d'équipage près des bateaux pour organiser le sauvetage.»

    Des propos qui se recoupent avec ceux des frères Sgaga. Les passagers ont dû organiser eux-mêmes leur sauvetage, confirment les jeunes Zurichois, interrogés séparément. «A part le personnel de cuisine, qui a aidé, il n'y avait plus de membres d'équipage.»

    «Vu l'inclinaison, il était devenu impossible d'utiliser les bateaux ou les îles de secours situées à droite du navire, renchérit Georg Linsi. «Nous sommes repartis pour le flanc gauche.» «A ce moment-là, des centaines de personnes se trouvaient dans le bateau, sans information, sans indications sur le comportement à suivre.»

    Passagers livrés à eux-mêmes

    «Il y a eu un vent de panique lorsque le navire a pris une telle inclinaison que nous avons dû marcher sur les parois», poursuit le rescapé. «Nous n'avons été rassurés qu'une fois le navire stabilisé. Nous sommes restés coincés presque trois heures à l'intérieur avant de pouvoir gagner l'extérieur et de pouvoir quitter le navire par une échelle souple, pour rejoindre le pont d'un bateau des garde-côte.»

    Les frères Sgaga n'ont pas eu de peine à trouver place dans un bateau de sauvetage. Mais ils sont entrés en collision avec une autre embarcation de secours, puis avec un bateau de transport. «Nous avons cru un moment donné que nous prenions l'eau. Mais finalement nous avons pu regagner la côte.» (Newsnet)


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  • Résumé : A Grossetto, nos envoyés spéciaux ont pu rencontrer quelques membres d'équipage qui témoignent à visage caché. L'un d'entre eux explique qu'il ne pourra plus jamais retravailler sur ce genre de navire.

     


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