• Réunion d'urgence - Recherches

    14h34 vendredi 20 janvier 2012 - orange.fr

    Naufrage : réunion d'urgence après la suspension des recherches

    recherche20janvier2012Une réunion d'urgence s'est ouverte vendredi sur la petite île italienne du Giglio pour décider de la suite des opérations autour de l'épave du Concordia, où les recherches ont dû une nouvelle fois être suspendues en raison de mouvements dangereux du navire.

     

     

    Marine de guerre, garde-côtes, pompiers, carabiniers, policiers... Toutes les autorités concernées sont réunies pour déterminer la marche à suivre au sujet de ce navire échoué depuis son naufrage il y a une semaine, dans la soirée du 13 janvier, qui a fait onze morts et une vingtaine de disparus.

    "La poupe se déplace d'environ 7 mm par heure, tandis que la proue se déplace d'environ 15 mm/h", a indiqué vendredi à l'AFP le service de presse de la Protection civile.

    "Il y a une instabilité du navire, donc les sauveteurs ne peuvent pas descendre", a expliqué à l'AFP un représentant de la Marine, Alessandro Busonero.

    "Les sauveteurs étaient au travail sur le navire pendant la nuit quand le bateau s'est déplacé. Les recherches ont été immédiatement suspendues", a ajouté un autre porte-parole des garde-côtes, Filippo Marini.

     

    La réunion doit permettre aussi d'étudier les pistes en vue de stabiliser l'épave. En attendant, un robot sous-marin explore ses alentours pour "déterminer les points d'appui du navire", selon Luca Cari, porte-parole des pompiers : les images qu'il enregistre seront ensuite analysées à terre.

    Des experts de Smit Salvage, la société néerlandaise qui devra procéder au pompage du carburant, participent également à cette réunion.

    "Nous sommes prêts à entamer les opérations. On était déjà prêt hier, mais on attend le feu vert des autorités. Nous sommes en train de procéder aux derniers réglages", a dit à l'AFP un de ses représentants, Rene Robben.

    Cette opération est urgente car, si elles se déversaient dans la mer, les 2.400 tonnes de carburant encore contenues dans les réservoirs provoqueraient un désastre écologique dans l'archipel toscan, classé réserve naturelle, pour la qualité de sa flore et de sa faune.

    Mais selon les spécialistes, il serait dangereux d'effectuer le pompage -une opération très compliquée- tout en réalisant les recherches.

    Or, 24 personnes au total manquent encore à l'appel : 12 passagers allemands, cinq Italiens, deux Français, deux Américains et trois membres de l'équipage, un Italien, un Péruvien et un Indien.

    Les sauveteurs n'ont pour l'instant récupéré que onze corps dont huit ont été formellement identifiés : il s'agir de ceux de quatre touristes français, d'un Italien, d'un Espagnol, et de deux membres de l'équipage, un Péruvien et un Hongrois.

    Des familles angoissées -dont plusieurs ont fait vendredi le voyage jusqu'au Giglio- attendent donc toujours de connaître le sort de leurs proches.

    En attendant, la société propriétaire du navire, Costa Crociere, a continué d'accabler son commandant, Francesco Schettino, accusé d'homicides multiples par imprudence, naufrage et abandon de navire, délits pour lesquels il risque jusqu'à 15 ans de prison.

    Il "n'a pas été honnête" avec ses responsables à terre en expliquant la situation, a estimé vendredi le patron de la société.

    "Il y a une enquête. Personnellement, je pense qu'il n'a pas été honnête avec nous. Je n'ai pas d'éléments pour dire s'il était lucide ou non. Je pense qu'il était perturbé d'un point de vue émotionnel, il voyait sa créature, son navire, couler devant lui", a déclaré Pier Luigi Foschi dans une interview accordée au Corriere della Sera.

    La justice et la société-mère du navire reprochent à M. Schettino d'avoir énormément tardé à reconnaître la gravité de la situation.

    Placé tout d'abord en détention, il a été depuis assigné à résidence, dans sa maison à Meta di Sorrento, au sud de Naples, sur la Côte amalfitaine, mais son avocat a annoncé vendredi son intention d'intenter un recours contre cette décision.

    Depuis leur retour au pays natal, des membres philippins de l'équipage ont multiplié les témoignages accablants pour le commandant.

    "Sa faute est d'avoir abandonné le bateau alors que l'équipage, dont nous les Philippins, s'efforçait de sauver les passagers", a déclaré Benigno Ignacio, un cuisinier du navire, au journal Philippine Daily Inquirer.

    Eugen Pusyo, steward sur le Costa Concordia, a admis que le commandant Francesco Schettino avait sauvé des vies en amenant le bateau tout près du rivage après l'accident. Mais "il a commis l'erreur de quitter le navire immédiatement, bien avant que tous les passagers aient été évacués", souligne l'homme au Manila Bulletin.

    "Les passagers commençaient à paniquer et la plupart ne portaient pas de gilet de sauvetage", a-t-il ajouté, décrivant des scènes de chaos sur les ponts.

    "On avait l'impression d'être sur le Titanic (...). On a balancé quelques enfants dans les canots afin qu'ils puissent être sauvés", a précisé le steward.

    Des passagers rescapés ont raconté que nombre de chaloupes surchargées n'avaient pu être manoeuvrées qu'avec l'aide de serveurs ou de cuisiniers -des "anges philippins" disent certains survivants- transformés en marins improvisés.

    Des témoins ont raconté aux magistrats la décision de Francesco Schettino de changer d'itinéraire pour se rapprocher du Giglio, "une manoeuvre gravement imprudente et inconsidérée", dénonce la juge Valerio Montesarchio, dans l'acte officiel assignant le commandant à domicile.

    Le conseil des ministres italien devrait adopter dans la journée des mesures pour réglementer plus sévèrement la circulation des navires aux abords des côtes. Il devrait également officiellement prononcer l'état de catastrophe naturelle dans cette zone.

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